Terminator Salvation

Termina-top ou Termina-flop ?

Une fois n’est pas coutume, c’est par un jeu de mot que d’aucuns qualifieraient au mieux de « peu inspiré » (et on ne pourrait que difficilement leur donner tort en l’occurrence), que je m’en vais vous livrer mon analyse détaillée de ce Terminator des grandes premières. Car, ne nous y trompons pas, le dernier né de la franchise (et premier opus d’une nouvelle trilogie, nous aurons l’occasion d’y revenir par ailleurs) est un pionnier à bien des égards. Premier Terminator sans Schwarzy dans le rôle titre (l’actuel gouverneur de Californie n’excluant toutefois pas d’éventuels caméos lors des prochains épisodes). Premier Terminator sans Stan Winston aux special-FX et maquillages (R.I.P. Stan, you were the very best…). Enfin, last but not least, cet épisode est le premier à se dérouler chronologiquement après le Jugement Dernier. Tout cela pour dire que la tâche qui incombait à McG – qui succède à Jonathan Mostow à la réalisation – avait tout du cadeau empoisonné. D’un côté, nouvelle époque oblige, il disposait d’une latitude artistique somme toute assez large pour imposer sa griffe à l’univers post-apocalyptique dans lequel s’inscrit cette nouvelle trilogie. De l’autre, il devait réussir la prouesse d’introduire ce nouveau pan de la saga sans dénoter avec l’univers créé de toutes pièces par Cameron. Nous allons voir ensemble que le constat est pour le moins nuancé…

 
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Terminator… lost in time

En dépit du prestige que cela peut représenter, il est de notoriété publique qu’inscrire son nom à la réalisation de la suite d’une saga populaire à tout de l’exercice périlleux par excellence. Lorsqu’en plus de cela, le background de la saga en question est aussi riche que celui de Terminator peut l’être – notamment à la faveur des multiples voyages temporels effectués par les protagonistes –, cela relève presque de la gageure.
Haaa, les voyages dans le temps… Tout amateur de S.F. qui se respecte se délecte littéralement dès lors qu’une oeuvre tente de s’attaquer à ce fantasme impérissable. Quelquefois, cela donne lieu à de véritables chefs d’oeuvre (Universal War One pour les romans graphiques, le Voyageur Imprudent de Barjavel pour la littérature classique ou encore l’inoubliable Back to the Future pour le 7ième art). Au cinéma, certaines productions s’en sont tirées avec les honneurs (The Jacket, Timecop, the Butterfly Effect, 12 Monkeys). Pourtant, beaucoup de ceux qui s’y sont essayés ont signé des gadins monumentaux que ma décence naturelle m’interdit jusqu’à l’évocation même en ces lignes par respect envers des auteurs/réalisateurs qui auront bien du mal à retrouver employeur après de tels fiascos. Bon, c’est d’accord, puisque je vous sens trépigner d’impatience confortablement assis dans vos fauteuils, je veux ben raviver certains souvenirs douloureux accompagnés de rires moqueurs en mentionnant des oeuvres aussi fondatrices que The Time Machine, Paycheck ou le fantastique Seeker : the Dark is Rising pour ne citer qu’eux. Bon, maintenant que j’ai répondu à votre irrépressible besoin de moquerie, on sèche ses larmes, on efface les sourires niais de son visage et on va de l’avant. Ainsi, jongler avec les dates tout en restant d’une cohérence tant scientifique que scénaristique sans faille n’est effectivement pas donné au premier quidam venu, et certains auraient certainement mieux fait de s’abstenir plutôt que de s’engager dans pareille aventure avec de toute évidence autant de connaissance sur la question qu’Eve Angeli sur la poésie Shakespearienne.
Terminator premier du nom, par exemple, tout excellent qu’il était, n’échappait pas à son propre paradoxe temporel, en l’occurrence un "paradoxe de l’écrivain". Sans trop entrer dans les détails, selon les évènements relatés dans Terminator, le John Connor de 2029 envoie Kyle Reese en 1984 pour protéger sa mère d’un Terminator – lui-même envoyé par le Skynet du futur – cherchant à la supprimer avant que celle-ci ne donne vie à celui dont le destin est de devenir le Héros de la Résistance. Pendant leur fuite effrénée fleurira une brève mais intense idylle qui donnera naissance à John Connor. Petit problème : comment le John Connor de 2029 peut-il envoyer son père biologique dans le passé alors que selon toute logique il ne devrait pas même exister ? En d’autres termes, nous sommes en face d’une situation particulière où l’évènement en question est également sa propre cause, ce qui est un problème aussi insoluble que de savoir qui de l’œuf ou de la poule est arrivé le premier. L’idée dominante, la seule qui tienne alors la route, est donc celle de la boucle temporelle se répétant à l’infini, avec toutes les frustrations qu’une telle explication implique…
Terminator 2, que d’aucuns considèrent comme le fleuron artistique et scénaristique de l’hexalogie, souffre également de ce « paradoxe de l’écrivain » (mais, comment pouvait-il en être autrement ?) à ceci prêt qu’il est amplement assumé par James Cameron qui n’hésite pas, lors d’un monologue de John himself, à enfoncer le clou en nous apprenant que Sarah met au courant son fils quant aux origines de sa propre naissance. De quoi tuer le libre arbitre de John (l’envoi de Kyle Reese dans le passé n’est alors plus le fruit du hasard mais un choix délibéré de John afin d’assurer sa propre existence), mais également à offrir une base scénaristique intéressante aux réalisateurs de Salvation et des opus à venir. Toujours concernant Terminator 2, il convient également de mettre en lumière une seconde faille scénaristique. James Cameron, dans un irrépressible désir d’offrir un happy end à la série et/ou de clore définitivement la saga, fut malgré lui à l’origine d’un second paradoxe temporel – cette fois-ci dit « paradoxe du grand-père » – qui voit le T-800 provoquer dans le passé l’annihilation même du projet censé lui avoir donné naissance.
Ce dernier paradoxe fera long feu, jusqu’à ce que Terminator 3 vienne le corriger en y apportant une réponse à la fois claire et satisfaisante. L’hypothèse du multivers (comprenez  "mondes parallèles"), qui n’aurait pas vraiment apporté grand-chose à la saga sinon à inutilement la complexifier davantage, fut écartée au profit d’un postulat à la fois simple et génial : l’intervention du T-800 dans T-2 a seulement ralenti le processus de prise de contrôle de Skynet, mais celui-ci était inéluctable. C’est là toute la puissance, souvent incomprise et/ou minimisée, du troisième opus de Terminator. Comme un immense et génial pied de nez à la croyance de Kyle et Sarah (No fate, but what we make / Pas de destinée, mais ce que nous faisons), ce troisième volet de la saga se pose là comme un prophète de l’apocalypse à venir qui, non content de trouver une place et un style particulier dans la première trilogie (une conclusion pessimiste pour un film au demeurant très clair, ce qui tranche littéralement avec T-2), ouvre une voie royale pour une nouvelle trilogie se déroulant cette fois-ci a posteriori du soulèvement des machines. En d’autres termes, si T-3 peut paraître décevant à bien des égards, sa grande, son immense, force aura été scénaristique en corrigeant "le paradoxe du grand-père" de T-2 et en autorisant de futures suites afin d’assurer l’avenir de la franchise. Reste à savoir si cela en valait la peine. Premiers éléments de réponse avec Salvation
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Terminator 4 ou Terminator du pauvre ?

Vous me direz que tout cela est bien joli, mais qu’à l’heure actuelle, je n’ai toujours pas évoqué ce quatrième volet de l’hexalogie, or c’est ce dont je suis supposé vous entretenir en ces pages. Je vous rétorquerais que pour savoir où l’on va, il est primordial de savoir d’où l’on vient et c’est pourquoi cette remise en perspective s’imposait à mon sens de manière à mettre l’œuvre face à ses contradictions, mais également pour faire transpirer la difficulté inhérente à la mise en branle d’un chantier devant se greffer à la perfection aux événements dont je me suis fait l’écho supra.
Les évènements relatés dans Salvation prennent donc place dans le futur alternatif introduit par Rise of the Machines. Quinze années se sont écoulées depuis le Jugement Dernier. En 2018, l’hiver nucléaire a fait long feu et la Résistance humaine commence à s’organiser face à un Skynet encore en rodage. Et là, première divine surprise, le scénario ne contient aucune incohérence notable avec les trois premiers épisodes. Il se paie même le luxe de rétablir une incohérence (quasi-inexcusable) introduite par T-3 concernant l’âge de Connor. Mieux, de nombreux clins d’œil sont disséminés de manière éparse tout au long du film de manière à conforter les fanboys dans leur sentiment qu’ils sont bien en terrain connu. Des répliques cultes (« I’ll be back », « Come with me if you wanna live »), des caméos sympas (Linda Hamilton en vocal, le visage de Schwarzy recomposé en images de synthèses par les équipes d’ILM et greffé à la carrure impressionnante de Roland Kickinger), des tics comportementaux (la manière qu’a Kyle Reese de recharger son fusil à pompe), des références audiophoniques au thème initial de Brad Fiedel (dans le générique de début et lors de l’apparition du T-800) ou à la chanson You could be mine de Guns N’Roses (présente dans la B.0. de T-2), des références cinématographiques (les harvester rappellent ceux de War of the Worlds, la scène de poursuite des moto-terminators n’est pas sans évoquer un transposé inversé de la course poursuite de T-2, les transformations opérées par ces mêmes moto-terminators étant elles-mêmes très proches de celles que l’on peut voir dans Transformers), ainsi que d’autres références (la présence de la photo de Sarah Connor détenue par Kyle Reese dans le premier opus, la manière dont le générique et le texte d’introduction sont agencés et réalisés, la manière dont John essaie de se débarrasser du T-800 qui s’apparente fort à la manière dont le T-1000 se fait éclater dans T-2, les origines des cicatrices présentes sur le visage de John durant les scènes d’introduction de Terminator 2 et 3…), et j’en passe…Tout cela tend à montrer que l’équipe du film a vraiment travaillé son sujet (sans doute Mario Kassar – qui produit là son troisième épisode de la saga – a t-il pu apporter quelques éclairages en la matière) et a pris la mesure de la tâche qui lui incombait.
Alors cohérent ce nouveau Terminator ? Pas tout à fait… Si, comme je me suis évertué à vous le montrer, la cohérence générale n’est pas à remettre en cause, il n’en va pas vraiment de même quant à ce que je qualifierais de "cohérence comportementale" des protagonistes, traduisant par là-même de graves défaillances scénaristiques. Disons-le tout de go : ce nouveau Terminator n’est pas un grand cru et aurait sans doute mérité une phase d’écriture bien plus longue ; mais que voulez-vous, Hollywood a ses raisons (pécuniaires) que la raison (artistique) ignore. Cette parenthèse qui ressemble fort à une attaque gratuite – mais ô combien légitime – envers la tournure inquiétante que semble prendre l’exploitation des franchises les plus juteuses à Hollywood étant fermée, détaillons quelques unes de ces incohérences (toutes les recenser serait impossible). Attention, spoilers inside !
Comment expliquer que les machines interviennent (très rapidement) dès qu’une minuscule explosion est décelée et que, dans le même temps, elles ne bougent pas le petit doigt (métallique) lorsque, dans son échappée de la base des rebelles, Marcus provoque en 3 minutes plus de déflagrations que les champs de mines nord-coréens en une année ?
Toujours concernant cette faculté qu’ont les machines à se projeter dès lors qu’une explosion se fait entendre, vous noterez la débilité profonde de Connor et son acolyte qui, allant tester le signal (une sorte de fréquence censée paralyser les machines tant que la source continue d’émettre) sur le terrain ne trouve rien de mieux à faire que de balancer une bonne roquette bien grasse dans le cul de la machine sans même s’inquiéter des répercutions néfastes que cela pourrait avoir sur leurs petites fesses ?
Comment concevoir qu’un harvester puisse se retrouver à quelques mètres d’une station essence, à l’issue d’une scène affligeante de nullité, sans que le bruit n’ait alerté les humains de son approche ?
Comment justifier qu’un humanoïde aussi sophistiqué que Marcus ait pu être conçu par Cyberdyne en 2003, et que l’objet de son emploi ait l’air à ce point préétabli ?
Je veux bien concevoir que Skynet veuille tester un prototype de T-800 sur la personne de John, mais de là à laisser débarquer les alliés sans opposer la moindre résistance dans un lieu pourtant jugé ultra sécurisé, c’est franchement fort de café…
Comment tolérer que… Arf, je n’ai décidemment pas envie d’y passer la nuit. A croire qu’à aucun moment, les scénaristes ne se sont mis à la place des protagonistes pour s’assurer de la cohérence de leurs faits et gestes, de leur réactions, de leurs modes de pensées…N’en jetez plus, la coupe est pleine.
Maintenant, il convient de nuancer ce tableau peu flatteur en mettant en exergue trois éléments non connus du grand public, mais à mon sens, totalement déterminants. Primo, le film a été amputé de près d’une heure lors de son passage à l’écran, ce qui peut expliquer l’impression de vide se dégageant de certains passages et/ou transitions peu heureuses. Si cet élément venait à s’avérer exact, il ne tient qu’à nous de juger de la pertinence du montage final en s’abreuvant des cut-scenes à venir sur la version BRD director’s cut. Secundo, dans la version préliminaire du script, il était un temps prévu que John succombe à ses blessures lors de son combat avec le T-800 (et c’est Marcus qui aurait pris sa place à la tête de la Résistance en revêtant son enveloppe charnelle). Cette fin a été balayée d’un revers de bras par les producteurs, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont eu la main heureuse sur ce point, la date et les circonstances de la mort de John étant connus depuis T-3 (il mourra, le 4 juillet 2039, de la main du même T-800 qui sera renvoyé en 2003 par Kate pour les protéger) Enfin, l’hypothèse la plus réconfortante est de se dire, qu’à l’instar de la menace fantôme, ce Salvation n’est que le premier jet d’une nouvelle trilogie qui a beaucoup de secrets à nous révéler. Que bon nombre d’interrogations trouveront réponses dans les deux prochains opus. Que certaines réactions qui aujourd’hui nous paraissent peu rationnelles trouveront explication dans les suites à venir. Maigre espoir auquel je me raccroche malgré tout…
Pour autant, sommes-nous en face d’un Terminator à proprement parler ? Rien n’est moins sûr de mon point de vue. Certes, cela en reprend la trame générale. Certes, la cohérence temporelle a été préservée. Certes, de nombreux détails disséminés ça et là seront de nature à émoustiller les fanboys les plus chevronnés (je plaide coupable). Mais, avec le recul, de nombreux manques scénaristiques nous poussent à relativiser jusqu’au lien de parenté de cet opus avec la première trilogie. Où sont passés les répliques cinglantes des deux premiers opus, les dialogues qui faisaient mouche à chaque fois dans T-2, l’ambiance oppressante de la première trilogie, les scènes d’action d’anthologie de T-2 et T-3,… ? Tout cela nous laisse avec une étrange impression de s’être fait arnaquer. Un peu comme si, ouvrant une boîte de chocolats, vous vous laissiez tenter par la plus belle truffe du panier. Elle trône là, au milieu de toutes les autres, son enrobage brillant de mille feux émoustille allègrement vos papilles. Ce n’est que lorsque vous portez le Graal à la bouche et que vous croquez goulument dedans que vous vous rendez compte de la supercherie : la truffe à le goût du caramel, ne vous laissant en bouche que l’amer sentiment des regrets…Un tel nappage était tellement prometteur… C’est exactement la même chose avec ce Salvation. Vous avez l’habillage du Terminator, mais jamais sa saveur. Vous avez la couche de vernis, mais dès que vous commencez à gratter, vous vous rendez compte que là où vous espériez trouver un neuro-processeur de T-800, vous avez au mieux déniché une puce d’Amstrad CPC… Cela tend à nous faire relativiser (et regretter) le choix de McG comme réalisateur de ce nouveau pan de la saga… 

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McG au banc d’essai
La carrière cinématographique de McG se résume aux deux infâmes épisodes de Charlie’s angels et à un drame (We are Marshall) tellement obscur qu’il n’a même jamais été distribué dans nos contrées. Aussi, lorsque j’ai appris qu’il serait le réalisateur de l’une de mes sagas cultes, j’ai d’abord explosé de rire avant de frôler l’infarctus. Et pourquoi pas Pitof aux commandes d’un Star Wars tant que l’on y est ? Bon, il ne sert à rien de s’énerver d’autant que les producteurs ont toujours raison (ce sont eux qui tiennent les cordons de la bourse). Laissons un peu de crédit à McG. Un crédit qui, en ce qui me concerne, aura duré 15 minutes montre en main.
Si je devais opter pour un mot et un seul pour qualifier le travail de McG, ce serait le suivant : approximatif. Ho, on sent bien un certain potentiel, mais on est à des années lumière du perfectionnisme de réalisateurs tels que Burton, Spielberg ou … Cameron. Là réside déjà un sérieux handicap pour McG : celui de passer après un génie de la réalisation et un padawan à l’avenir prometteur. Et force est de constater qu’il ne soutient jamais la comparaison. Montage, mise en scène, vision et portage des scènes d’action, … tout cela laisse vraiment à désirer et comme un arrière goût d’inachevé. Pire, McG tente de s’affirmer et d’imposer son style par une vision très personnelle de la guerre des machines dans un univers post-apocalyptique imaginé de toutes pièces. Outre le fait que cela dénote clairement avec les (magnifiques) scènes d’introduction des précédents volets où l’on voyait humains et machines se fouttrent littéralement sur la gueule à grands coups de fusils à plasma (et que le retard technologique semble impossible à combler en 11 ans, à supposer que l’hypothèse de la boucle temporelle soit toujours celle privilégiée par la nouvelle équipe), cette vision « réaliste » voulue par McG me laisse tiède en ce qu’elle ne véhicule aucune émotion particulière. Pire, elle réussit l’exploit de s’appuyer sur une photographie moins aboutie que pouvait l’être celle de Mad Max à son époque. Les décors sont fades, sans saveur. Les couleurs sont ternes, parfois baveuses. Inutile de s’épancher davantage sur le sujet : en voulant absolument se démarquer de ses illustres prédécesseurs, McG a quelque peu planté sa réalisation. Ce n’est pas indigeste, on est juste dans l’à peu près, c'est-à-dire loin de la suréminence d’un James Cameron. Il y a bien quelques plans très réussis, quelques moments de bravoure artistique (la scène du crash en hélico est vraiment chiadée, par exemple), mais ces instants restent brefs et parsemés tout au long du film parfois même balayés par des scènes d’une rare mièvrerie (pensons à la scène de la station essence qui est tellement ridicule qu’on en vient à se désintéresser totalement de ce qu’il peut advenir de ses occupants et que l’on se pose encore la question de ce qu’elle apporte au scénario…). Tout ceci est tout de même vraiment préjudiciable, voire navrant dès lors que l’on se remémore avec un brin de nostalgie que précédents opus ont érigé Terminator au rang de référence du divertissement d’action à la pointe de la technique et de la technologie.
Pour rester sur des considérations techniques, notons que le son est à l’image du reste, paresseux. Les effets sonores sont sympas, mais les musiques ne véhiculent aucune émotion. On est loin du travail de Fiedel sur T-2 où la musique collait vraiment parfaitement à l’action en se déclenchant à des moments cruciaux dans une mélodie en totale osmose avec la vision du réalisateur. Les costumes, maquillages et artifices sont pour la plupart chiadés et tranchent avec la pauvreté de certains décors. Quant aux acteurs, ni bons ni mauvais, on a vraiment du mal à s’attacher à eux. Il faut dire aussi que le scénario ne leur a jamais laissé la chance de s’exprimer, soit en les cantonnant à des rôles très secondaires, soit en n’offrant aucun travail de mise en perspective psychologique. Un véritable gâchis à mon sens car le background offrait la possibilité de voir apparaître des personnages hauts en couleur, aux personnalités complexes et torturées. Quant aux deux acteurs principaux, ils se contentent du minimum syndical, Sam Worthington n’ayant d’ailleurs pas forcément le physique de l’emploi. On peut d’ailleurs se poser la question de savoir pourquoi la distribution originelle n’a pas été conservée, Christian Bale devant jouer le rôle de Marcus tandis que le costume de Héros de la Résistance devait échoir à Sam Worthington. En fait si, la réponse on la connaît : elle est financière, Christian Bale étant devenu extrêmement bankable entre temps…

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Self-terminated ?
 
Au moment de mettre un point final à cette analyse, je me rends compte de sa longueur. Aussi, dans un premier temps, remercierais-je toutes les âmes de bonne volonté qui auront eu le courage de la lire jusqu’au bout (j’attends vos commentaires). Dans un second temps, ferais-je un effort de concision quant à cette conclusion. Que rajouter de plus sinon que j’attendais peut-être trop de ce film. Je voue un culte tellement grand à la première trilogie que forcément je ne puis tolérer les manques de ce film que je perçois comme une insulte faite à l’œuvre née de l’imagination fertile de James Cameron. J’avais moins apprécié Rise of the machines pour ses qualités cinématographiques intrinsèques que pour l’ingéniosité scénaristique sous-jacente qui permettait de ré-ouvrir la saga. Les visions post-apocalyptiques proposées dans les scènes d’introduction de la première trilogie m’avaient émoustillé, et je dois avouer que j’avais vraiment envie d’une nouvelle trilogie se déroulant a posteriori du Jugement Dernier. Mais, force est de constater que ce Salvation ne remplit pas son office, tant scénaristiquement que techniquement (je me raccroche néanmoins à l’espoir que les prochains volets corrigent quelques errements du présent épisode). Certes, tout n’est pas à jeter, loin s’en faut même. Mais que voulez-vous, à mes yeux, Terminator est une saga fantastique qui ne tolère pas les approximations. Alors, messieurs de l’équipe technique, fin de l’amateurisme et on assume le poids d’un portage à l’écran de Terminator, ou bien on retourne à l’école des navets et on travaille sur un troisième épisode de Charlie’s angels ?  Il serait en effet dommage que T-3 ait si brillamment su ressusciter la saga si c’est pour la voir être auto-terminée par de mauvais choix artistiques. Si c’est le prix à payer, alors il valait peut-être mieux laisser la franchise dormir dans un lit bordé de draps cousus d’or que T-2 avait su faire entrer, de manière indélébile, dans l’inconscient collectif…
El Juju qui y croit encore malgré tout…

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