[PS3] Enslaved: Odyssey To The West

On en a vu passer, des mondes post-apocalyptiques, sans pour autant avoir vécu quelconque catastrophes. Mad Max, le dernier Terminator, 2012, Demolition Man ( je suis désolé, mais un monde où on baise par ondes cérébrales et où on se torche avec des coquillages, j’appelle ça du post-apocalyptique), la fin du monde est passée un paquet de fois à l’écran.

Et n'oublions pas notre Manoux local et sa théorie selon laquelle Google gouvernera le monde d'ici quelques années (monde dans lequel je serai payé pour torturer des gens sur une chaîne câblée… parfois, tu es effrayant, Manu), notre cher Boblastic et son impatience d'en découdre avec une invasion de zombies, El Juju et son T-virus et autres délires houleux, voire capilotractés,  me faisant sérieusement douter sur l'absence de drogues dans votre petit sang d'être humain. La fin du monde est donc, on le voit bien, un sujet qui, pour le coup, concerne tout le monde, et ce même à travers la Bible et ses cavaliers de l'Apocalypse. Mais dans tous ces mondes post-apocalyptiques réside un détail pour le moins important : il y a des survivants. Bah oui, quel intérêt de réaliser une oeuvre, quelqu'en soit le genre, sans personnages, sans intrigue? Et pour le coup, Ninja Theory, qui a notamment développé Heavenly Sword il y a quelques temps, nous envoie sur une Terre à l'heure où même l'éminent Chuck Norris se fait grignoter l'aubergine par des asticots, ravagée et dominée par une armée de robots: la Pyramid. Mais c'était sans compter sur un duo que tout oppose bien déterminé à poser les roubignoles dans la tartiflette et à sauvagement poutrailler ces connards de tas de boulons esclavagistes venus de l'Ouest (tiens, comme les Texans… a bon entendeur!).

Enslaved, c'est le nom que porte ce jeu, nous fait baver comme un ado devant le Playboy emprunté à son père, comme une jeune dévergondée devant n'importe quel (enfoiré de sa maman d')acteur américain tout en muscles bien épilés (bah oui, les poils, c'est le Mal), que dis-je? Comme un pédophile devant une chorale. Alors, mes enfants, en route pour une aventure pleine de cabrioles, de robots et de missions "aller faire caca dans la forêt sans se faire gauler" (la défécation restant le moment où l'être humain est le plus vulnérable: accroupi au-dessus d'un trou, des feuilles à la main, le visage rouge écarlate et toute son attention et son énergie concentrées dans son anus… oui, parce qu'en plus, on a vraiment l'air d'un con!)

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Screwed By A Redhead Bitch

Commençons par l'histoire du jeu: puisant dans le roman "Voyage en Occident" (ayant également servi de base à Dragon Ball), il nous conte l'histoire de Monkey, protagoniste du jeu et espèce de brute épaisse qui ferait passer Mickey Rourke pour une danseuse étoile. Capturé par Pyramid, il est là, seul comme un con dans sa cellule, à taper comme un trisomique contre la vitre en beuglant comme un buffle (ça donne donc un buffle trisomique… déjà que ça doit pas être super futé à la base, un buffle…). Et puis là, saperlipopette, il voit une petite rouquine qui, pour le coup, est franchement vaginalement motocultable, poutrable, viandable, en d'autres termes, carrément bonne, Trip, qui réussit à s'échapper. Dans le gigantissime pandémonium que son évasion déclenche, toutes les autres cellules, celle de Monkey notamment, s'ouvrent. Notre barbare local, sentant que l'autre bombasse aux yeux de biche pourrait lui être utile (et, avouons-le, ça lui a probablement donné envie de jouer à "boum-boum le pancake"), et il décide donc de la suivre.

Mais la demoiselle, comme souvent, se fout complètement de ce mâle qui la poursuit. C'est donc après un périlleux tour extérieur du vaisseau de transport qu'il se retrouve sur la capsule de secours de la jeune fille, qui n'hésitera pas à appuyer sur le bouton "Eject". A l'atterrisage, notre héros se retrouve donc dans les vaps (après avoir percuté un mur à une vitesse pareille, c'est un sacré miracle), tandis que l'autre connasse de rousse en profite pour lui coller une couronne d'esclave, qu'elle a auparavant bidouillé pour la relier à son propre coeur. Le résultat est simple: elle peut donner des ordres à Monkey qui, s'il désobéit, se retrouvera affligé d'un terrible mal de crâne (voire d'une mort affreuse), mais si jamais son propre coeur s'arrête de battre, les neurones de Monkey (il semblerait qu'il en ait) grillent instantanément. La Bête devra donc protéger la Belle jusque chez elle, sous peine de mourir (et après tout ce qu'il a fait pour survivre, ce serait très con!)

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If You Die, I Die

Concrètement, ça donne quoi? Nous allons, pour une analyse plus claire, procéder par étape: tout d'abord, une vue d'ensemble du principe même du jeu. Vous incarnez seulement Monkey, et votre objectif est tout simplement de parcourir les niveaux tout en protégeant Trip. Si vous tenez assurément le rôle musculeux, elle tient celui de la cérébrale, et ses compétences en technologie/ informatique vous seront d'un grand secours pour avancer. Elle peut également leurrer les ennemis pour qu'ils concentrent leurs tirs sur elle pendant que vous passez pour ensuite leur mettre une belle branlée, mais aussi plus ou moins se défendre face aux robots grâce à une sorte de choc électrique qui les paralysera le temps que vous arriviez (du moins, si vous ne gambadez pas à la recherche de feuilles d'arbres capables de remplacer votre bon vieux PQ qui vous manque tant). Mais comme la belle séchait le sport au collège, il faudra parfois l'aider à passer certains vides ou la lancer comme un caca sur une plateformes trop élevée. Attention, rassurez-vous, à aucun moment la rouquine ne tient le rôle de boulet, et elle n'handicape absolument pas la progression du jeu.

Et Monkey dans tout ça? Comme dit plus haut, Monkey fait les muscles. On peut diviser les phases de jeu en trois phases: phase de plateformes, où l'on progresse à la manière du Prince de Perse, se jetant habilement d'un tuyau à un autre avec une agilité déconcertante, tout en faisant attention à ne pas rester trop longtemps sur certaines prises, ou bien vous finirez applati à des lieux plus bas (la plupart des niveaux vous emmèneront en altitude). Ensuite viennent les phases de combat: armé d'un énorme bâton (ça ne vous rappelle pas Dragon Ball, un singe armé d'un bâton?), donnez joyeusement de votre trop plein d'énergie aux machines qui ont le malheur de croiser votre outil chétif. Diverses techniques et améliorations seront débloquables au fur et à mesure du jeu, via les tech-orbes ramassés dans les niveaux. Vient ensuite les phases de shoot. Et bien oui, mesdames et messieurs, Monkey n'utilise pas que son gros bâton pour taper, il peut aussi s'en servir comme d'un fusil! Parfois, vous pourrez également "surfer" sur une sorte de disque d'énergie que Monkey appelle "son nuage" (c'est aussi sensé vous rappeler la Boule du Dragon ça!) au-dessus de l'eau ou sur terre. En bref, un gameplay simple, qui mélange à la fois la plateforme et le beat'em all (à un degré moindre que God of War, c'est évident).

Viennent ici de petits points noirs au tableau: tout d'abord, il existe moins d'une dizaine d'ennemis différents, l'augmentation de la difficulté des combats résidant dans le couplage de certains types d'ennemis ou dans la présence de boucliers (que vous devez désactiver d'une manière ou d'une autre), rien de plus. Si je n'ai pas trouvé cela très gênant (d'autant plus qu'une armée de robots est, d'après moi, avant tout une marée de machines rigoureusement identiques), on aurait peut-être apprécié croiser une plus grande palette d'adversaires à déboulonner. Enfin, idem pour les boss: vous croiserez quatre ou cinq fois les "chiens", qui seront à abattre tous de la même manière. Je n'ai pas trouvé cela très gênant non plus, mais c'est un manque que certains déploreront sûrement.

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Wastelands

Passons maintenant au côté technique. A vrai dire, ce jeu m'a rappelé l'effet Darksiders: si, graphiquement, les textures ne sont pas toujours d'une incroyable finesse, les environnements fourmillent de tant de détails et les personnages sont tellement bien designés que l'on pardonne aisément cette minuscule faiblesse graphique, et l'on s'émerveillera sans problèmes devant certains paysages. De plus, le jeu dispose d'une excellente mise en scène, très dynamique, qui permet par exemple de maintenir la pression sur le joueur même si la phase du moment n'est pas d'une grande difficulté. En d'autres termes, ils réussissent à faire passer certains moments simples pour des passages hardus. Et ça, c'est beau.

Pour ce qui est de la musique, je ne pourrais pas vraiment en parler, étant donné qu'elle reste assez discrète, mais malgré tout de très bonne facture. Les doublages français ne sont pas trop mauvais, même si j'aurais largement préféré une VOSTFR. Seulement, quelques bugs de volume sonore viendront rendre inaudible certains dialogues, vous obligeant à activer les sous-titres… pas vraiment gênant en soit, mais c'est quand même dommage. La durée de vie, quant à elle, s'élève aux environs des 12h de jeu, ce qui reste dans la moyenne des jeux d'action/ plateformes.

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Finally?

Finally, si Enslaved: Odyssey To The West n'invente rien, il reste un très bon jeu. Malgré les quelques petits désagréments susmentionnés, nous avons là un bon jeu, associant des personnages à la fois drôles (notamment Pigsy, personnage secondaire que l'on verra vers le milieu de l'aventure), attachants (comment ne pas vouloir câliner Trip quand elle a peur ou qu'elle est toute triste?), et ce malgré quelques clichés qui restent malgré tout bien menés, à un univers sublime et un gameplay accrocheur. Un jeu qui mérite un coup d'oeil! Et c'est d'ailleurs pour cela qu'en gentilhomme, je vous offre ici-même, sur un plateau de pixels, le trailer de lancement du jeu paru à l'E3 2010! Régalez-vous mes enfants, et sortez couverts!

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