Les Voix Du Gaou: 22 Juillet 2009: Motörhead

Le festival des Voix du Gaou a été créé en 1997. Ce petit festival se déroule sur la presqu’île du Gaou, à la pointe du Brusc. Un lieu tranquille donc, aussi paisible qu’un moine sous opium. Un lieu de sérénité qui, pourtant, se changea en véritable champs de bataille en ce Mercredi 22 Juillet 2009. En effet, c’est en cette date que Motörhead, pilier de la scène Heavy mondiale que je vous ai présenté au mois de septembre, a décidé de cracher son venin en France, dans notre petit Sud. Evidemment, nous y étions, notre cher Boblastic, Rikku, un de mes amis et moi-même, prêts à s’en prendre plein la gueule rien que pour vous. Bon, j’avoue, je me fous complètement de vous, je vous emmerde, vous et toute votre fucking lignée, j’étais là-bas uniquement pour mon plaisir personnel. Mais le fait est que mon devoir est, en tant que rédacteur, de vous retranscrire mes émotions d’hier soir! IT’S TIME TO ROCK!

Motorhead

L'arrivée

Il est environ 17h45. Johan et moi sommes tremblants, impatients, tels de jeunes guerriers fougueux et insouciants, prêts à se jeter corps et âme dans une bataille dont on ne connaît nullement l'étendue de l'horreur. Le Capitaine Boblastic arrive avec son vaisseau, et nous rejoignons l'équipage, prêt à en découdre. Avec l'aide inespérée des parcours Google, nous nous perdons, mais finalement, nous parvenons, par je ne sais quel miracle, à contourner tous les bouchons et se garer à moins de cent mètres du Gaou. Et là, c'est le drame: la Sécurité, toujours emplie de bonnes intentions, nous prive des bouchons de nos bouteilles (oui, un bouchon lancé à pleine vitesse, il semblerait qu'il n'y ait plus douloureux assaut…): allez tenir deux bouteilles d'eau et une bouteille d'un litre et demi de Coca-Cola dans un concert de Heavy… les substances liquides ont donc terminées sur le sol. Mais le pire de tout, c'est que la Sécurité n'a toujours pas compris que les téléphones portables font maintenant offices de caméra, appareil photo, et peut-être, dans un futur proche, machine à glaçons et barraque à frites. Résultat: ils s'obstinent à refuser les caméras. Et notre cher Bob, qui porte autant d'amour à la musique que El Juju à Clone Wars, était venu avec sa superbe caméra dans l'unique but de prendre des photos de bonne qualité, et des vidéos extraites du concert pour garnir cette news d'exclusivités et vous faire plaisir: à 3, faites un grand "bouhhhh" aux gens de la Sécurité. 1, 2, 3: "BOUHHHHHHHH". Résultat, des photos issues de l'IPhone, et pas de vidéos (si ce téléphone a la capacité d'offrir à son utilisateur une armada d'applications aussi utiles qu'un gros monsieur qui nettoie l'intérieur du téléphone, il ne dispose pas de l'option "caméra", pourtant, d'après mes connaissances, incontournable sur des téléphones de bien moindre qualité…). Mais malgré ces quelques désagréments, nous entâmons notre marche vers la scène. Il n'y a pas trop de monde, s'approcher est chose aisée. Nous sommes à environ 10 mètres de la scène… le combat peut enfin commencer!

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Brasero

En première partie, nous avons eu droit à deux groupes d'ouverture: le premier répondait au nom de Brasero. En voilà un nom comme il en a suscité, des insultes! Prenez un batteur dont le matériel se résume à une grosse caisse, une ride, une caisse claire et deux tomes, un guitariste dont on ne va pas dire grand chose puisqu'il a relevé un tantinet le niveau, un bassiste que l'on voyait plus affublé d'un pétard aux proportions gargantuesques que d'une basse, mais qui malgré tout semblait tenter de se débrouiller sous la pression d'un stress palpable, et un rappeur aux commandes du quatuor… voilà ce qu'on met en première partie de Motörhead, du métal approximatif, voire lointain, et un rappeur. Je n'ai toujours pas compris le choix des organisateurs, mais mettre ce genre de groupe devant un bataillon de plusieurs milliers de barbus, j'appelle pas ça une bonne idée, mais un suicide collectif. On pourra cependant un minimum prendre leur défense: tout d'abord, on ne refuse pas une première partie d'un groupe comme Motörhead, même en sachant qu'on va se faire pourrir. Ensuite, jouer devant un public récalcitrant, voire même agressif (on gardera un très bon souvenir de celui que j'ai surnommé "Nounours", qui dressait majestueusement ses deux majeurs bien potelées en direction du groupe en jetant des vocalises dignes d'un grizzly pris par la grippe à chaque fois que le moindre son sortait de la bouche du "chanteur") ne doit pas être chose aisée, d'où le stress apparant du bassiste, qui semblait parfois un peu perdu. En bref, un "apéro" peu apprécié. A l'instar d'une Badoit à la table de notre joyeuse bande quand nous festoyons, on aurait préféré autre chose…

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Shaka Ponk

"Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois". Ce proverbe résume bien l'effet Shaka Ponk d'hier soir. Après le bide abyssal de Brasero, Shaka Ponk est arrivé en héros. Le volume avait sensiblement monté, et le niveau aussi. Pourtant, cela restait complètement hors-sujet. Le style est difficile a identifier, j'appellerais donc ça du "Scato Rock de Terminale S". Bon, allez, enlevez le "scato", ça c'est parce que je n'ai vraiment pas aimé. Il s'agissait, en gros, d'un alliance entre des sons de techno/ électro/ micro-ondes et de la musique Rock, le tout avec une sorte de Christophe Willem punk au poste de chanteur… bon, ils m'ont bien gonflé. Les chansons étaient redondantes, et, si une plus grande partie du public semblait apprécier (cf. les deux nanas hystériques devant, accompagnées ensuite des deux gros crevards de base), je n'ai vraiment pas été pris dans le flot de la wibe qui flex sur le toit du monde de ta life. On notera quand même un niveau musical bien supérieur à celui de Brasero, ainsi qu'une mise en scène très poussée, à base de 3D bien réalisée. Seulement, si, au bout de quelques chansons, on se dit "boah, ça va, c'pas trop trop naze", au bout d'une dizaine de chansons, le ton est plutôt au "mais putain y va la fermer sa gueule lui?!?". Oui, on a payé 40€ pour Motörhead, pas pour Shaka Ponk (Sac à punch beuahahaha!)

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Motörhead

Après une première partie douloureuse, les lumières s'éteignent, pour mon plus grand soulagement. La tension monte. Oui, dans quelques instants, nous aurons droit à ce pourquoi nous sommes venus, que dis-je? Ce pour quoi nous sommes nés, ce pourquoi nous vivons, et ce pourquoi nous mourrons! Mais si le public semblait aussi enthousiaste, il semblait cependant bien plus débile (ou hystérique, choisissez): à chaque fois qu'un roadie devait faire les tests micros, guitare ou quoi que ce soit, la foule hurlait "LEMMYYYYY!!!"… non non les gens, lui, c'est un roadie. Il fait des réglages lui. Donc c'est pas Lemmy. DONC TU FERMES TA GUEULE! Bref, le temps passe et s'enfuit comme un pet dans une tornade, et nous attendons. Nos coeurs sont lourds, nos tripes en frémissent d'avance, nom de Dieu, j'en ai même le trou du cul qui pique! Une silhouette large et blonde passe derrière… PUTAIN, C'ETAIT MIKKEY!" (le batteur, que mon oeil expert a reconnu). Les lumières éclairent la scène: ils sont là. Il est là. Lemmy est là. Le sage, le prophète. Le messie. Dieu Tout-Puissant. Il tend sa bouche vers le micro: "We are Motörhead… and we play fuckin' Rock n'Roll!" Et c'est parti pour Iron Fist! Le public se laisse aller: pogos, slams, hurlements bestiaux en direction du fucking trio, c'était bon ça! Tous les classiques sont joués: The Bomber, Overkill, Killed By Death, The Ace Of Spades, et un In The Name Of Tragedy coupé par un solo de batterie de Mikkey qui m'a définitivement séché. Ce monstre a soloté pendant cinq bonnes minutes comme un fou furieux, frappant aussi vite que l'éclair et sans jamais ralentir, pour reprendre de plus bel le morceau. Le groupe nous a également joué Whorehouse Blues, un petit blues bien sympatique. En bref, un Motörhead en pleine force, qui nous en a mis plein la gueule!

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Fucking Conclusion

En fucking conclusion, un bilan plutôt mitigé. Non pas que Motörhead m'ait déçu, bien loin de là. Je parle de la première partie: comment Diable organiser cela? Un groupe de rap devant une armada de Rockers velus, puis un groupe de "musique moderne" devant les éternels "ringards et fiers de l'être" que nous sommes, nous, fans de Rock des années 80/90… voilà ce qui m'a déçu. Mais Motörhead a réhausser le niveau, ne faillissant point à sa réputation, montrant qui est l'patron. Personnellement, rien que le fait de voir Lemmy de mes propres yeux me procura une joie indéfinissable. Si, en fait, elle est définissable: jetez-moi avec six cartons remplis de préservatifs dans une maison clôse entièrement réservée à mon nom. Rajoutez à cela du whisky et de la bière pour toute une armée, et de la bonne bouffe bien grasse. Multipliez cela par environ quarante, et vous avez ce que j'ai ressenti hier soir (mon slip est maintenant totalement décolloré…). J'ai vu Lemmy de mes propres yeux, et, quitte à passer pour une véritable groupie (avec des couilles, soyons clairs à ce sujet), j'ai eu l'impression de rencontrer Jésus en personne… avec deux litres de bourbon dans l'estomac et une forte dose d'amphétamines dans le sang, mais Jésus quand même.

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