Le Panthéon du cinéma : 7 – Minority Report

Bien plus qu’une pierre de plus au maître édifice que Spielberg s’est érigé en quelques quarante années d’une carrière jalonnée de succès, le film classé en septième position de ce Panthéon cinématographique marque avant tout la rencontre programmée de deux géants d’Hollywood, le réalisateur numéro 1 et l’acteur le plus bankable du box-office. Aussi, clamer haut et fort que le présent opus était attendu au tournant pourrait autant être perçu comme une vile lapalissade que d’affirmer qu’Eve Angeli ne sera jamais lauréate du Prix Nobel de Chimie. D’autant que la matière première usitée en l’espèce n’est rien de moins que celle qui, aux yeux de tous les amoureux de S.F., est probablement la nouvelle de S.F. la plus pertinente jamais rédigée par le maître du genre, Philip K. Dick. Le moins que l’on puisse dire c’est que le pari fut relevé avec une maestria faisant honneur à ce fabuleux auteur jusqu’à inciter Michel Ciment, célèbre critique de cinéma au demeurant peu tendre envers les oeuvres du réalisateur d’E.T., à le qualifier de « meilleur film de Spielberg ». Pour vous en convaincre, je vous invite à me suivre dans une analyse menée, à l’instar de ce pur joyau du 7ème art, tambours battants…

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Fiche technique

The Green Mile
  Titre Original : Minority Report
Titre Français : Minority Report
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Steven Spielberg
Producteurs : G.R. Mollen, B. Curtis, Jan de Bont, Cruise/Wagner
Acteurs : Tom Cruise, Colin Farrell, Max Von Sydow, Samantha Morton…
Scénariste : Ph. K. Dick, Scott Franck, Jon Cohen et John August

Musique : John Williams
Distributeur : Dreamworks et Fox
Sortie US : 21 juin 2002
Sortie Fr : 02 octobre 2002
Durée : 145mn
Budget : 102M$
Box-office mondial : 353,6M$
Evaluation Globale : 84,33%

Synopsis

Source : Wikipedia

En 2054, la ville de Washington a réussi à éradiquer la criminalité. Grâce aux visions du futur fournies par trois individus précognitifs, les agents de Précrime peuvent écrouer les criminels juste avant qu’ils n'aient commis leurs méfaits. Mais un jour, l’agent John Anderton reçoit des précogs une vision le concernant : dans moins de 36 heures, il aura assassiné un homme qu’il ne connaît pas encore et pour une raison qu’il ignore. Choqué, il prend alors la fuite, poursuivi par ses propres coéquipiers qui ont pour mission de l’arrêter conformément au système…

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L’analyse

Que feriez-vous si vous étiez accusé et condamné pour un crime que vous n’avez pas encore commis ? C’est à cette question, et à bien d’autres, que ce scénario d’une rare intelligence nous invite à répondre. Dans cet univers futuriste où la justice rendue est celle du « déjà coupable », l’erreur n’est pas permise sous peine d’envoyer de potentiels innocents préventivement en prison. A cette fin, un système s’appuyant sur un trio d’individus pré-cognitifs (ci-après, précogs), véritables oracles des temps modernes, est supposé retranscrire à la perfection leurs visions des meurtres à venir et, ainsi, permettre de les empêcher avant qu’ils ne surviennent. La richesse du film réside alors dans sa singulière faculté à nous alerter sur le prix à payer pour parvenir à cette supposée utopie sécuritaire. Un prix d’ordre moral et humain, appelant à la méditation sur des orientations et choix de société qui pourraient nous être imposés comme une suprême consécration du déterminisme et du principe de précaution face au libre arbitre et la contingence. A ce titre, la symbolique usitée en l’espèce est tout sauf anodine. Les précogs sont ainsi présentés telle une divine trinité, baignant dans un fluide conducteur (le Saint-Chrême ?) au beau milieu d’un temple alors qu’à l’extérieur trônent des statues à l’effigie de ces icônes déifiées… Or, s’il y a bien un fondamental se retrouvant dans tout bon récit d’anticipation qui se respecte, c’est que l’Homme n’a pas vocation à jouer à Dieu impunément, et force est de constater que Minority Report ne déroge pas à cette règle. D’ailleurs, ne nous rappelle-t-on pas aux limites liées à notre condition autour d’une phrase savamment distillée au cœur d’un dialogue, quelque peu prosaïque de prime abord, avant de subitement s’éclairer tandis que raisonnent ces quelques mots : « Si problème il y a, il est humain. C’est toujours le cas… » ?

Le rapport minoritaire (comprendre par là une prédiction émanant d’un précog qui n’irait pas dans le sens de celles provenant des deux autres) se pose là, tel le grain de sable venant gripper une mécanique pourtant présumée infaillible, comme la potentialité d’erreur engendrée par toute activité humaine qui ne lui serait pas naturelle. Cette même marge d’incertitude que certains aimeraient à faire passer pour négligeable pour peu que cela soit de nature à servir leurs intérêts. Car quelle société cautionnerait un système légalisant l’arrestation préventive en ayant connaissance d’un facteur X qui viendrait introduire un biais dans le système ? Ainsi, le simple fait de faire disparaître ce rapport minoritaire traduit un totalitarisme particulièrement pernicieux, autre trait de distinctif des bons thrillers d’anticipation. De la même manière, il serait absolument réducteur de se faire l’économie d’une transposition de la logique qui prédomine ici dans des considérations (et implications) plus contemporaines. Vaccination, eugénisme, peine capitale, nuage nucléaire, études bactériologiques, OGM, ondes électromagnétiques, rayonnement, clonage, amiante,… tout un chacun est potentiellement concerné par les rapports minoritaires et la puissance du récit qui nous est conté est assurément, sous couvert d’un délectable saupoudrage de  Science-Fiction, de nous sensibiliser à cet état de fait.

Pour sublimer pareille suréminence scénaristique, il ne fallait pas moins que la virtuosité d’un Spielberg au sommet de son art. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le simple fait de tenir un discours inverse démontrerait une parfaite ignorance du métier de réalisateur tant le travail accompli par le papa d’E.T. céans est colossal. Avant même d’user d’un jargon technique en l’agrémentant de tous les superlatifs connus de la langue française – une constante pour qualifier les œuvres de Spielberg -, il convient de couvrir de louanges l’équipe de réflexion (se référer à l’ultime anecdote en fin d’article) pour le travail conceptuel réalisé afin d’imaginer un environnement futuriste qui parviendrait à donner du volume au scénario. La copie rendue est impeccable et va bien au-delà de la seule esthétique. Au contraire, en imaginant des publicités personnalisées, des scans rétiniens à tous les coins de rues, des systèmes de verrouillage du véhicule personnel par satellite, et moult autres trouvailles, ce groupe d’experts a effectué un travail que n’auraient pas renié les plus éminents visionnaires de l’Histoire. Le résultat final est de nature à densifier cette volonté affichée de tendre vers le contrôle absolu et le tout sécuritaire déjà dénoncé plus en amont de cette analyse. En d’autres termes, l’univers (pas si) futuriste (que cela) concocté là apporte de la substance et nourrit la dramaturgie du scénario en reflétant au mieux les dangers liés à ce genre de dérives. A bien y penser, la mise en perspective est aussi effrayante qu’elle est vertigineuse et géniale (au sens premier du terme) dans la mesure où ignorer délibérément des rapports minoritaires et contrôler les faits et gestes de tout individu (détection en temps réel,  établissement de profils psychologiques à partir des données personnelles,…) participent finalement d’une même logique de monitoring absolu particulièrement nauséabond (toute ressemblance avec les pratiques émanant de certaines majors bien connues, et autres couleuvres sécuritaires que diverses autorités étatiques aimeraient nous faire avaler, ne serait pas fortuite).

D’un point de vue strictement cosmétique, le film est au top. Les couleurs choisies sont somptueuses, tout comme le sont costumes, maquillages, décors et autres éclairages proposant des jeux de lumière saisissants. Et que dire de la photographie si ce n’est qu’elle est probablement la plus belle qu’il m’ait été donné de voir dans un film de ce genre. Quant à la technique pure de réalisation, ce serait faire injure au génie de Spielberg que de seriner qu’elle est impeccable. Quiconque se dit amateur de cinéma ne peut que connaître le perfectionnisme de Spielberg lorsqu’il s’agit de travailler chacun de ses plans à l’envi, et ce jusqu’à ce que le résultat obtenu soit de nature à retranscrire le plus fidèlement possible sa vision. C’est aussi la raison pour laquelle il arrive sans cesse à se renouveler, et ce malgré quelques vingt-six films au compteur. Certes, la griffe Spielberg existe (elle est même une marque déposée) de telle sorte que ses films se reconnaissent parmi mille, mais il n’en demeure pas moins que chacune de ses nouvelles œuvres contient son lot de techniques inédites et de plans absolument novateurs. En scrutant Minority Report jusqu’à la moelle, on ne peut que ressentir tout le plaisir qu’il a retiré à mettre en scène son histoire. Le rythme est effréné, bien aidé en cela par un montage haletant et probablement la bande sonore la plus punchy livrée par un John Williams quasiment aux antipodes de son style habituel. Que l’on aime ou bien que l’on n’aime pas, on ne peut réprouver ce choix artistique qui sied à merveille à une trame sous fond de course poursuite endiablée. Dans un tel contexte, les rares temps morts, souvent d’une rare finesse (que l’on pense à la virtuosité des scènes montrant les officiers de Precrime analyser les données transmises par les précogs pour s’en convaincre), ne viennent que ponctuer une traque exaltée du personnage campé par Tom Cruise, et ainsi les rendre d’autant plus percutantes.

Ce dernier s’en donne d’ailleurs à cœur joie dans un registre physique qu’il affectionne particulièrement. Pourtant, si nous connaissons tous la capacité innée de Spielberg à mettre en valeur ses histoires en soignant à l’extrême leurs univers respectifs, et à tirer le meilleur des acteurs qu’il dirige, son talon d’Achille a toujours été sa difficulté à creuser en profondeur la psychologie des protagonistes peuplant ses récits. En l’espèce, cela est doublement dommageable. D’une part, parce que le personnage de John Anderton proposait une base très intéressante pour un travail psychologique plus poussé. A ce titre, la plongée dans l’enfer de la drogue suite au décès du fils unique, les problèmes conjugaux en ayant découlé, et les désillusions d’un flic voyant s’effondrer un univers auquel il croyait dur comme fer sont autant de thèmes qui auraient mérité d’être davantage développés. D’autre part, dans la mesure où Tom Cruise est capable de donner corps à des compositions très élaborées, comme j’ai déjà eu le loisir de le mettre en exergue en ces lieux. Dommage car, agrémenté de ces quelques atouts supplémentaires, nul doute que ce film aurait pu figurer sur le podium de ce Panthéon. Pour l’heure, il ne figure « que » sur la plus haute marche des films de pure Science-Fiction ce qui, ma foi, n’est déjà pas si mal…

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Pour aller plus loin
  • Nominations et Récompenses
Cérémonie Récompenses Nominations
Oscars 2003   Meilleur son (R. Hymns &  G. Rydstrom)
Hollywood Movie Festival Film de l’année  
Satellite Meilleure édition DVD Meilleure photographie (J. Kaminski)
Meilleur son
Meilleurs FX
Saturn Awards
Meilleur Réalisateur (S. Spielberg)
Meilleur Film de SF
Meilleur second-rôle féminin (S. Morton)
Meilleur script (S. Franck et J. Cohen)
Meilleur acteur (Tom Cruise)
Meilleurs costumes (D.L. Scott)
Meilleur édition DVD
Meilleurs maquillages
Meilleure musique (John Williams)
Meilleurs FX
Meilleur second-rôle masculin (M.V. Sydow)
 

Ndla : Il est également à noter que le film a été nommé aux Césars dans la catégorie « meilleur film étranger » (battu par le très subversif Bowling for Columbine de Michael Moore). En tout et pour tout, le film a reçu 16 distinctions sur les 48 nominations internationales le concernant, ce qui est une performance retentissante pour un film de pure SF…

  • Répliques Cultes

Minority Report est un film qui brille davantage par les profondes réflexions que son  scénario ne manque pas de soulever que par la richesse littéraire de son écriture. Néanmoins, il n’est pas sans proposer un certain nombre de dialogues fort bien sentis dont je vous livre un florilège, comme à l’accoutumée, en V.O. dans le texte.
Nb : les lecteurs désireux de ne pas se « spoiler » devraient faire l’impasse sur la dernière réplique.

John Anderton: [à propos d’une boule que Danny Witwer a rattrapée juste avant qu’elle ne tombe] Why'd you catch that?
Danny Witwer: Because it was going to fall.
John Anderton: You're certain?
Danny Witwer: Yeah.
John Anderton: But it didn't fall. You caught it. The fact that you prevented it from happening doesn’t change the fact that it was going to happen.

Dr. Iris Henimen:
The precogs are never wrong. But, occasionally… they do disagree […]. Find the minority report.
John Anderton: How do I even know which one has it?
Dr. Iris Henimen: It's always in the more gifted of the three.
John Anderton: Which one is it?
Dr. Iris Henimen: [d’un ton semblant indiquer une evidence] The female.

Dr. Iris Henimen: [à propos des précogs] I call it a gift, for them it was more like a big cosmic joke.

Danny Witwer:
Lamar thinks you left John because he lost himself in Precrime instead of you.
Lara Anderton: [le fusillant du regard] I left him, because every time I looked at him, I saw my son. Every time I got close to him, I smelled my little boy. That's why I left him. And now you can leave.

Dr. Iris Henimen: Sometimes, in order to see the light, you have to risk the dark.

Lamar Burgess: My father once told me, "We don't choose the things we believe in; they choose us."

John Anderton: [Alors que le Dr. Solomon est sur le point de lui greffer de nouveaux yeux] I'd like to keep the old ones.
Dr. Solomon: Why?
John Anderton: Because my mother gave them to me.

Dr. Iris Henimen: [serrant une plante muntante] It's funny how all living organisms are alike…
Dr. Iris Henimen: …when the chips are down, when the pressure is on, every creature on the face of the Earth is interested in one thing and one thing only.
Dr. Iris Henimen: [la plante la coupe au niveau de la main] Its own survival.

John Anderton: [alors que Lamar le tient en joug] No doubt the precogs have already seen this.
Lamar Burgess: No doubt.
John Anderton: You see the dilemma don't you. If you don't kill me, precogs were wrong and precrime is over. If you do kill me, you go away, but it proves the system works. The precogs were right. So, what are you going to do now? What's it worth? Just one more murder? You'll rot in hell with a halo, but people will still believe in precrime. All you have to do is kill me like they said you would. Except you know your own future, which means you can change it if you want to. You still have a choice Lamar. Like I did.

  • Anecdotes
  Le film devait se faire quelques années auparavant, mais le décès prématuré de Stanley Kubrick a amené un Spielberg désireux de rendre un hommage posthume à son ami à mener à bien Artificial Intelligence: AI, son ultime projet. Ce report de planning a engendré de nombreux bouleversements quant au casting original du film, qui devait initialement incorporer Cate Blanchett (Agatha), Matt Damon (Witwer), Ian McKellen (Burgess) et Jenna Elfman (Lara Anderton). Le rôle de Witwer fut également proposé à Javier Bardem, lequel déclina l’offre car ne trouvait pas intéressant le fait de « seulement avoir à courir après Tom Cruise ». C’est ainsi que le rôle fut finalement confié à Colin Farrell ce qui engendra un remaniement du script. En effet, le personnage de Witwer était conçu à l’origine comme un américain pure souche. Cependant, l’accent très prononcé de Colin Farrell a poussé Spielberg à réinventer le personnage en lui donnant des traits irlandais…

La nouvelle éponyme de Philip K. Dick devait initialement être adaptée pour constituer une suite à Total Recall. Après moult tergiversations et remaniements, le projet fut enterré mais le script demeura. Finalement, de ce travail préparatoire, Spielberg ne conservera que la scène d’action se déroulant dans la manufacture de voitures, non sans y apporter sa touche personnelle, en référence à une scène jadis imaginée (mais jamais portée à l’écran) par Hitchcock pour son classique North by Norwest

Pour apporter à Witwer la preuve de la précognition (et la loi de la cause et de l’effet), John Anderton fait rouler une bille rouge le long d’une table. Cette scène se veut une allégorie de la célèbre théorie du philosophe du 18ème siècle David Hume qui, en observant des billes de billard avait démontré dans son « traité de la nature humaine » que les causes et les effets n’étaient rien d’autre que fiction élaborée par l’esprit par phénomène d’accoutumance.

Durant la scène où John kidnappe Agatha, Witwer demande à un officier le laps de temps dont ils disposent avant qu’Anderton commette le crime prédit par les précogs. Il est amusant de constater que la réponse fournie par l’officier (51 minutes et 28 secondes) se révèle être exactement le temps qui nous sépare alors de la fin du film…

Les précogs portent tous des noms faisant référence à de célèbres auteurs de polars pour lesquels Spielberg voue une certaine fascination, à savoir Dashiell Hammett, Arthur Conan Doyle et Agatha Christie.

Tom Cruise a rejoint le tournage du film seulement quelques jours après avoir bouclé celui de Vanilla Sky. Cela explique peut-être pourquoi Cameron Diaz et Cameron Crowe, respectivement sa partenaire et son metteur en scène pour Vanilla Sky, ont tous deux fait un caméo dans une même scène de Minority Report (dans le train).

Trois ans avant même de lancer la production du film, Spielberg a confectionné une équipe de 16 experts afin d’imaginer au mieux ce à quoi l’année 2054 pourrait ressembler, parmi lesquels on comptait Neil Gershenfeld (MIT), Shaun Jones (Dg. de la DARPA), William Mitchell (MIT – architecture), Peter Calthorpe (père du New Urbanism); Jaron Lanier (co-inventeur de la réalité virtuelle), Harald Belker (designer de voitures) ou encore John Underkoffler (expert en cohérence scientifique et technologique).

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