Le comics du mois : Kabuki

Le Japon sera à l’honneur ce mois-ci avec Chibi Japan Expo, à cette occasion la chronique d’octobre sera consacrée à Kabuki, l’un des comics les plus lié au Japon et à sa culture. Cette excellente série est publiée de la même façon que Fathom, au lieu d’une série on-going, ce sont plusieurs séries limitées qui se suivent. Les volumes publiés par Panini comics sont de très belle qualité et mettent vraiment en valeur les travaux de Mack.

Malheureusement, les histoires n’ont pas été publiées dans le bon ordre. Ce qui est assez déconcertant mais malheureusement assez courant en France… Panini a commencé par publier la mini série la plus populaire et dernière en date (de l’époque), au lieu de commencer logiquement par le début. Pour lire l’histoire comme il faut, vous devez commencer par : Cercle de Sang, Recueil puis finir par Métamorphose. Notons que l’album Recueil regroupe trois tomes américains : Dreams, Mask of Noh et Skin Deep.

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Fiche technique

Kabuki
 
Titre : Kabuki
Scénariste : David Mack
Dessinateur : David Mack
Prix : 22 à 30€

Editeur VO : Image Comics puis Icon Comics (le label creator owned de Marvel)
Editeur VF : Panini Comics
Volumes sortis : 3 (en cours)

Sysnopsis

L’histoire se passe au Japon dans un futur proche. Ukiko alias Kabuki est l’un des plus talentueux Agent du Noh, une agence d’assassins travaillant pour le gouvernement. Cette agence regroupe l’élite des tueuses japonaises et est chargée de contrôler et éliminer les Yakuza. Rapidement Ukiko réalise que l’agence est largement corrompue et que ceux qui tirent les ficelles sont étroitement liés à son passé. 
 
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L'avis de Guigui
 
Kabuki est l’une des séries les plus innovantes qu’il m’ait été donné de lire. La narration onirique de Mack est juste extraordinaire. 
 
Le premier tome Cercle de Sang est le plus traditionnel visuellement parlant. Mack y respecte encore les codes classiques de bande dessinées. Ce volume correspond à sa thèse de fin d’études. Grâce aux enseignements à la carte des facs américaines, Mack a pu étudier la comédie, le théâtre, l’anatomie et la physiologie, les religions et la mythologie, la littérature pour enfant, le japonais et le karaté. Ces multiples influences se ressentent dans son œuvre. Ce premier tome est intégralement en noir et blanc. Si on ajoute à cela les thèmes traités par l’auteur, l’ambiance manga est indéniable. A l’instar de la majorité des mangakas, David Mack est un auteur complet qui s’occupe aussi bien du scénario que du dessin. Ce qui est plutôt rare aux Etats-Unis.
 
Mack est passionné par le Japon et sa culture. Il se sert de son œuvre pour les faire découvrir mais aussi pour dénoncer certaines dérives du gouvernement. Par exemple le traitement infligé aux Aïnous. Ukiko est la fille d’une Aïnou qui a été enlevée pendant la seconde guerre mondial afin d’intégrer un camp de détente pour les soldats japonais. Les origines de l’héroïne se reflètent dans les armes qu’elle choisit d’utiliser. Le noble katana est remplacé par une paire de faucilles qui aurait traditionnellement été utilisé par des agriculteurs.  
 
Dans les tomes suivants, les récits de Mack se font de plus en plus lyriques. Il respecte de moins en moins les codes de la BD. Les bulles et cases disparaissent de ses planches pour laisser place à des peintures superbes, des formes, des mots, des idées… Pour une fois le terme Graphic Novel (qui ne me plait pas trop d’ordinaire) prend tout son sens. Il y a énormément de poésie dans les textes et les illustrations de Mack.
 
Au début, il est vrai que c’est déstabilisant mais très vite on est complètement emporté par l’histoire et l’ambiance qui se dégage de Kabuki. Cette série est simplement envoutante. Une partie de l’histoire se passe dans un hôpital psychiatrique qui sert de prison, où les geôliers cherchent à briser psychologiquement les « patients ». Mack réussi à l’aide de son récit puzzle à nous faire éprouver les sensations des personnages (entre autres la folie et paranoïa liées à l’isolement), un petit peu à la façon d’un Nolan qui dans Memento transmet au spectateur l’amnésie de Leonard Shelby. D’autres scènes me font penser à des passages de V pour Vendetta d’Alan Moore. Les comparaisons que je fais sont plus que flatteuses mais Kabuki les mérite amplement.

 
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