Juillet: le cocktail musical du mois

Y a des jours comme ça, on n’y arrive pas. On a beau pousser au cul, forcer comme un constipé qui veut se débarrasser définitivement du poids des fajitas de la veille, s’en rendre fou de rage devant tant de néant, s’en manger les testicules de colère, s’en rouler dans son caca d’agacement, rien n’y fait. On reste là, comme un con, seul face à cet univers dont on ne souhaite que la destruction et qui, en réponse, pointe en notre direction un invincible doigt d’honneur, si terrifiant qu’il en ferait trembler le plus téméraire des hommes. La Mort vous semble maintenant un châtiment bien plus doux que l’immonde torture que vous subissez actuellement. Vous suez à vous déshydrater au point de pisser en poudre. Vos yeux tremblent de cet étrange mélange de terreur, de haine et de folie qui s’empare de vous. Vos mains se crispent et se contractent, comme si une innommable créature tentait de jaillir de votre épiderme tel un serpent qui mue. Un frisson glacial vous parcoure l’échine, emportant dans sa course tout vos minces et ultimes espoirs de venir à bout de cet incroyable ennemi. Vous sentez déjà les langues de feu des Enfers vous brûler la plante des pieds. La fin est proche. Vous priez pour que ce soit rapide, sans souffrance. Des larmes courent sur la courbe de vos joues pour s’écraser sur le sol. Vous sentez que, prochainement, vous allez les rejoindre dans le néant. Mais quel est cet ennemi qui semble bel et bien immatériel dont je vous narre le combat? Le syndrome de la feuille blanche, dont je suis actuellement victime. N’ayant aucune idée d’intro pour ma chronique et sentant la folie proche, j’ai joué ma dernière carte, l’abattant telle l’épée du Destin frappant le condamné. C’est ainsi que nous abordons le cocktail de Juillet: avec un vide à combler. Mais au final, je viens de faire cette putain d’intro. Dans l’cul, la feuille blanche! GIMME A HELL YEAH!

Alice Cooper- Pick Up The Bones (Live)

Commençons avec une chanson triste, histoire que les éventuels emo suicidaires qui venaient voir et, si l'envie leur prenait, polluer cette page, aillent se pendre avec leurs colliers en cuir ou se jeter dans un marécage attachés à un frigo. Alice Cooper est l'un des piliers de la scène rock/metal, au même niveau qu'un Ozzy Osbourne ou qu'un Rob Halford. Macabre, showman, vocalement particulier, Cooper a sa patte bien à lui. On aime ou on déteste, mais personnellement, j'apprécie beaucoup son travail. Si cette chanson se révèle particulièrement sombre, la plupart de ses compos sont issues d'un registre plus "rock" ("I'm Eighteen", "Feed My Frankenstein"…). Dans tous les cas, voici la chanson que je me passe en boucle à l'heure où j'écris ces lignes.

Seasick Steve- Dark

On va donc rester dans la chanson douce. Après le corbeau, voici le "coow boyyyy", avec l'ami redneck du mois dernier, Seasick Steve, au sujet duquel vous étiez partis dans vos délires de sociologues/ sociopathes. Si la chanson de la semaine dernière, "Cut My Wings", était dans le délire boogie woogie/ rock sudiste, "Dark" est plutôt orientée balade folk à s'écouter au clair de Lune, avec une bonne brune (à la main s'il s'agit d'une bière, jouant avec votre hallebarde s'il s'agit d'une dame) et un chapeau de cowboy légèrement baissé sur les yeux. Régalez-vous donc, et le premier qui relance un débat sur le Texas et ses braves mineurs (et filles de joie) recevra mille coups de santiags: 50% en plein anus, 50% en plein scrotum.

Dio- Holy Diver

Passons au deuil. Cette vidéo me servira à rendre hommage à Ronnie James Dio, mort le 16 mai dernier. Dio avait succédé à Ozzy Osbourne au poste de chanteur de Black Sabbath (renommé pour l'occasion Heaven and Hell), puis monta son propre groupe. Dio est un des géant du metal comme on en fait peu. C'est d'ailleurs lui qui a popularisé le "Horns Up", signe de ralliement des métalleux à travers le monde (vous savez, le poing fermé avec seulement l'index et l'auriculaire levés). "Holy Diver" est la première chanson que j'ai entendu de lui. Dans un style Heavy Metal traditionnel (ou Power Metal pour certains), cette chanson pose les bases de nombreux riffs repris plus tard par d'autres groupes. Clip très kitch (c'était l'époque) où Dio, du haut de son mètre soixante, affronte bravement guerriers et démons, il restera malgré tout un géant pour tout bon rocker qui se respecte. Rest In Peace, Dio.

P-Troll- Pussy Hunter (Live)

Maintenant, voilà du lourd. Le mois de Juillet, c'est aussi le mois du Hellfest, festival metal de renommée européenne se déroulant dans la charmante petite bourgade de Clisson (Loire-Atlantique). Si ce dernier fait débat (pourquoi les puritains s'acharnent-ils à considérer cette musique, qui revendique la joie des bonnes choses, comme sataniste et ses adorateurs comme des disciples de la croix renversée? Tolérance, ouais…), il n'en est pas moins un rassemblement important de groupes mondialement connus, et de moins connus. Dans les moins connus, on peut citer deux groupes de cette année que je connais bien (et que vous devez également connaître): P-Troll et Oil Carter, dont je vous avais parlé ici (Oil Carter) et ici (P-Troll). Cette chanson, Pussy Hunter (vous déduirez sûrement de vous-même qu'il ne s'agit pas des aventures d'une troupe de chasseurs de félins…), est l'une des dernières perles de nos amis trollesques, et nom d'un chien, ils prouvent une fois de plus que c'est pas parce qu'on est de la région Toulonnaise et qu'on n'est pas connu à travers tous les continents qu'on peut pas faire de la bonne grooverie! J'ai, personnellement, quantité de réactions physionomiques à l'écoute de ce groupe que l'on pourraient associer à un usage abusif de prostitués, de bouffe de mémé (fris, fris, fris et refris, puis trempée dans l'huîle avant d'y rajouter une demi-livre de beurre, histoire que ça lubrifie le tuyau) et d'alcool sorti tout droit d'Outretombe. Ca retourne tout, estomac et sacoches à gamins en ligne de front. Et profitez également d'un extrait de leur chanson "Raymond le Démon", à la fin de la vidéo!

Graveyard BBQ- The Clothes That Makes The Man

Finissons donc en beauté, amigos. Après les trolls locaux, attaquons-nous à une pointure d'Outre-Atlantique. Graveyard BBQ, c'est l'esprit du Rock n'Roll, mais avec une paire de couilles à en faire pleurer de honte un rhinocéros. Une voix qui défonce, des riffs qui groovent et qui rentrent bien dans le lard (voire ailleurs pour les plus tordus d'entre vous), rien à redire, et d'ailleurs je n'ai rien d'autre à dire, tout est dans la vidéo. Une vraie bonne surprise, et une excellente manière de finir cette chronique! Let's Rock Friends!

PS: N'hésitez pas, à l'instar de ce cher Boblastic, de faire un petit classement parmis les cinq vidéos de la chronique, cela peut m'aider!

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