Festival Roque and Rock

Il y a fort longtemps que je n’avais pas publié de live-reports, pour la simple et bonne raison que je n’avais pas assisté au moindre concert depuis un certain temps. Je m’en veux terriblement vous savez, c’est pour cela que je me flagellerais deux cent fois avec mon sexe ce soir en chantant du Edith Piaf avec l’accent allemand (si c’est pas d’la punition ça!). Et tel un Obélix sans Romains, un biker sans routes, un puceau sans Youporn ou un prêtre sans enfants, tout ça me manquait terriblement. Le gros son en pleine gueule, l’odeur de foin, les chevelus/ barbus partout (histoire que je me sente moins seul), la bière et les blagues graveleuses, tous ces éléments qui font qu’un concert est un concert. Ce 28 Août est donc arrivé à mes oreilles comme l’annonce de la résurrection du Christ, et c’est tout mon corps qui se réjouissait à l’avance (oui, absolument tout mon corps!). Mais revenons à nos moutons, puisque je viens vous narrer la fabuleuse histoire d’un festival: le Roque & Rock, à la Roquebrussanne, charmant patelin dans lequel on se pèle les miches à s’en défriser la barbe. Et en plus d’une belle affiche, d’une maxi-scène et d’un cadre champêtre fort agréable, c’est gratuit! Elle est pas belle la vie? Et c’est ainsi que nous partîmes, Jason, Antho et moi, avec pour seul objectif en tête de se prendre des watts toute la nuit dans tous les orifices jusqu’à ce que mort s’en suive. Petit bilan, donc, de cette seconde édition de Roque & Rock, par ici la visite!

Merci à Mathieu Puigserver pour les photos accompagnant cet article.

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L'arrivée sur place

Le vaisseau, aux commandes du Capitaine Jason (dit comme ça, ça fait un peu vieux soap ricain non?), arrive donc à destination aux alentours des 21h. N'ayant point écouté ma moman (comme depuis mes 20 dernières années), c'est avec les bras à l'air que je me retrouve dans un 16°C ambiant et un vent à en décoller la peau du cul d'une nône. Je ressemblais à une tour branlante avec mon bouc en guise de drapeau fouettant furieusement l'air (au moins, ça chassait les mouches). Nous nous approchons donc tranquillement, claquant une bise virile, velue et baveuse à tous les copains qu'on croise, on fume des clopes, on raconte des conneries, on se rue sur la buvette (on a même gardé le verre estampillé "Roque & Rock", pour péter la classe même quand on boit du lait… si si, ça arrive des fois!). Et c'est ainsi que nous entendons, d'un coup d'un seul, sortie de nulle part, une PUTAIN d'harmonique façon Zakk Wylde qui m'a fait vriller le pancréas aussi sec qu'un coup d'pompe dans les roubignoles. Mais par la barbe d'Odin, c'est le moment de se rapprocher là! A l'appel de la castagne, nous rejoignons donc rapidement la scène pour recevoir la correction que nous attendons tous. Et là où n'importe qui s'attendrait à voir débouler un mastodonte barbu à l'oeil vitreux dont l'odeur ferait mourir toute végétation alentours, on voit au micro une grande blonde élancée qui ne sentait certainement pas mauvais. Va-t-on se prendre une fessée musicale par une dame (n'y voyait rien de graveleux, pour une fois)?

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Heavy Duty

Un seul "mot" me vient à l'esprit quand je pense à Heavy Duty: BOUM! J'étais pourtant parti inquiet: un groupe de metal bien lourdingue avec une voix féminine, je pensais le pari risqué. Mais j'ai finalement trouvé l'alliance des deux parfaite. Des riffs profonds, lourds à souhaits, tout droits sorti d'Outretombe, des solos à s'en pendre avec nos cordes de guitare, et une voix incroyable, voilà ce que je retiens principalement de Heavy Duty. Et sur scène, ça envoie encore plus la terrine que sur album: j'en ai vraiment pris plein les organes. De plus, il est évident que nous autres, mâles décérébrés, apprécions particulièrement de voir une demoiselle visuellement agréable et toute de cuir vêtu, nous balancer des claques avec ses cordes vocales. A noter que j'ai trouvé que le vent jouait en la faveur du groupe pour le rendu visuel: je me remémore encore cet instant sur la fin de la chanson Delivery, où la vocaliste gauffre à pleine puissance dans le micro, les bras écartés, les cheveux fouettant violemment dans le vent, sans oublier le jeu de lumière et les nuages de poussière. A ce moment-là, le seul mot que j'étais capable de prononcer était "gah?!?" tant cette vision était épique, magique, mythologique, bref, pleins de trucs en -ique. Nous avons également eu droit à une démonstration du batteur, tout en cheveux et en poils, qui nous a balancé un solo en plein dans les narines, non sans me rappeler, par son attitude et son allure, un certain Animal, batteur furieux du Muppet Show, ainsi qu'une démo du guitariste, grandiose, presque écoeurant de talent, qui a un instant éveillé en moi l'éventualité de lui trancher les mains pour ensuite me les faire greffer. Enfin, nous avons eu droit à une reprise de Black Sabbath, la chanson Heaven & Hell, en hommage au tant regretté Ronnie James Dio, monstre légendaire de la scène metal, mort le 16 mai 2010 des suites d'un cancer de l'estomac. Un pur bonheur. Moi qui reste un grand stoïque devant l'Eternel, je n'ai pu m'empêcher de beugler "Heaven & Hell" à chaque fois. Nom de Dieu, j'en aurais presque pleuré! En bref, si Heavy Duty était un pari risqué, ils le remportent haut la main! Encore bravo à eux, que je suis d'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, en train d'écouter sur Deezer.

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Soma

Je ne m'éterniserais pas sur ce groupe, c'est certain. Après le déluge Heavy Duty, voici Soma, un groupe de Pop Rock… si vous ne voyez pas déjà le problème, frappez-vous sept fois le front avec une pelle. C'est ainsi que dans une soirée annoncée "Loud and Dirty", on se retrouve avec des amplis qui crachent des bulles de savon à l'intérieur desquels flottent de petits papillons multicolores, le tout parfumé à la framboise et aux légumes bio. Si les fans de Pop Rock auront sûrement apprécié le passage de Soma, je n'ai pu tenir plus de deux morceaux avant de m'éloigner, de peur que des seins ne me poussent et que mes poils tombent. Pardon pour ceux qui ont apprécié et qui lisent ces lignes, mais je ne suis pas du tout friand de ce style et je passerai donc au combo suivant, que j'attendais tout particulièrement. Un groupe que nous avions écouté tambours battants tout le trajet, histoire de bien se mettre dans l'ambiance. Mais qui cela peut-il bien être? La réponse un peu plus bas!

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P-Troll

Première mission pour Jason et moi: se coller aux barrières. Mission accomplie, puisque nous étions juste devant le bassiste, Pascal, grand manitou de Steel Music La Garde, aux allures de Lemmy qui aurait piqué le bonnet du Commandant Cousteau. Et comme prévu, on s'est fait gonfler les joues à coups de décibels: chaque note, coup de grosse caisse, me remuait la tripaille, faisant valdinguer dans tous les sens mes burgers ingurgités quelques heures auparavant. Les grands classiques y passent, comme Ecoute Un Peu P-Troll, Fat Bottom (l'histoire d'un tueur qui extermine ses victimes avec son énooooorme cul), Louise (déçu de ne pas l'avoir vue, la demoiselle!), Raymond le Démon, Somos Malos ou encore Only One (une de mes favorites). Et je crois bien qu'en fait, je viens d'énoncer tout le set, mais faisons comme si de rien n'était. P-Troll dégage une incroyable énergie, une patate old school qui donne des frissons tout dedans le corps (je vous laisse imaginer l'infâme résultat). Un déluge de sensation qui ressemble aux célèbres pubs Tahiti Douche, mais avec de l'huile de vidange et de la bière. Ca colle, ça part en pleine gueule, c'est tout simplement magique! Nous avons eu droit à une démonstration du talent d'Eric, troll batteur, qui a mitraillé comme un psychopathe pendant un bon moment, me rappelant bien évidemment Mikkey Dee et son solo lors du passage de Motörhead au Gaou en 2009. Pauvre batterie, me dis-je en voyant ce que ce cochon d'Eric lui envoyait dans la pomme. Mais on oublie vite notre once de pitié tellement c'est bon! Une fois de plus, P-Troll a tout fait cramer avec l'énergie de ses zicos talentueux et d'un chanteur phénoménal. Encore bien joué, bravo aux trolls pour cette castagne, je me suis encore bien musclé les cervicales!

Mais il restait encore un groupe que nous voulions voir, qui a récemment fait l'objet d'une chronique ici-même. Mais avant le clou du spectacle, il restait un trio dont j'ai oublié le nom et lors du passage duquel nous étions parti nous réfugier dans la voiture, désireux de garder nos forces pour le bouquet final. Nous revenons donc, un peu réchauffé, aux environs d'1h30 pour se faire décoller la peau du visage par un alien. Oui, en ce soir glacial d'Août, la Roquebrussanne a vu atterrir un OVNI en son sein. Un groupe venu d'un autre monde. Rendez-vous quelques pixels plus bas!

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Lag I Run

Il est environ 2h du matin quand nos extraterrestres débutent. Le froid et la fatigue avaient décimé le public, et seule une poignée d'hommes était là, me remémorant les Spartiates du film 300. Les faibles s'enfuient, les vaillants combattent jusqu'au bout. Bande de tarlouzes! C'est donc devant un public restreint, composé seulement de l'élite du métalleux, de la crème du rocker, du gratin des avoineurs locaux et de deux connards comme Jason et moi-même, que Lag I Run, récent groupe d'Hybrid Rock, a tartiné un véritable foie gras sur les pauv' connes de tartines grillées que nous sommes. Vêtus comme seul l'esprit tordu de Nay, leader du groupe, pouvait le concevoir (je garde cette superbe image d'un Sylvestre habillé en Van Helsing avec un chapeau melon… le tueur de vampire à l'anglaise!), la simple allure du groupe annonçait déjà la couleur: vous avez trouvé l'album complètement barré, et bien on va jusqu'au bout des choses, nous! En plus de ça, un bon gros son d'enculé nous frappait de plein fouet (Jason et moi étions devant Sylvestre, grand maître de la six cordes transmettant son art dans les locaux de Steel Music La Garde et supportant ma sale gueule depuis six ans déjà), à tel point que j'ai attrapé des cheveux blancs. Lag I Run a bel et bien fait office de bouquet final: débridé, technique, la simple écoute des parties guitares me faisait mal aux doigts. Et le pire dans tout ça, c'est que non seulement les plans s'enchaînent, tous plus fous les uns que les autres, mais en plus, ce foutu Nay les balance avec un naturel déroutant et tout en chantant. Il y a vraiment de quoi s'ouvrir les veines, surtout quand on n'a toujours pas mémorisé cette pauvre gamme pentatonique mineure (je suis vraiment un branleur…). Et la qualité ne s'arrête pas à Sly et Nay, bien au contraire: en bons aliens qu'ils sont, chacun d'entre eux nous balance des plans sortis d'une dimension parallèle qui vous part dans les tympans comme un tomahawk dans la tronche d'un ricain, que dis-je? Comme un suppositoire supersonique dans le cul d'une actrice X bourrée de poppers et de lubrifiant (ou de beurre, pour les amoureux du terroir) . Et, pour reprendre l'expression de ce bon vieux Sly: "ça passe comme un doigt au cul!" Un vrai bonheur auditif pour n'importe quel musicien, nous rapprochant un peu plus à chaque écoute des dieux. Et je suis sûr que ces derniers headanguent comme des sagouins tout là-haut! Malheureusement, le show fut écourté pour cause de limite de temps, et nous n'avons, apparemment, pas reçu la dose prévue par le quatuor psychotique. Encore merci à eux pour ce torrent d'énergie, d'harmonies et de technique, j'en ai encore les boyaux qui vrombissent!

Nous quittons donc la scène, épuisés mais heureux à en pourrir nos sous-vêtements. Merdasse, le stand Heavy Duty est fermé, je ne pourrais point acheter l'album. Retour à la piaule à 3h15, casse-dalle improvisé à grands coups de charcuterie, et dodo à 4h. Chroniqueur, quel dur métier!

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Bilan

Au final, une excellente soirée, malgré des conditions météos emmerdantes à souhaits. Si Soma a, pour moi, brisé le rythme du festival, le tout n'en reste pas moins une gigantesque orgie musicale. Et le pire, c'est que ça m'a plu, moi, de me faire violer tout le long de la soirée… encore merci aux groupes, à l'orga, au public, à la Roquebrussanne, et surtout à vous de lire mes conneries. Mangez vos légumes et sortez couverts!

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