Festival Rock des Morts Subites

Si la Côte d’Azur bénéficie d’un héliotropisme certain, capable d’ameuter touristes et membres du troisième âge à foison, il n’en est pas moins qu’elle ne bénéficie pas d’animations à la hauteur des attentes de la jeune peuplade. Et c’est surtout le cas aux environs de Hyères. Et pourtant, ET POURTANT, chers lecteurs, en ce doux Samedi 3 Octobre, a pris place, dans un village de vacances des Salins, une journée dédiée au Rock organisée par le club de motards des « Morts Subites ». Et, comme qui dit « motards » dit « motos » et « Rock n’Roll », c’est avec enthousiasme et montée de testostérone que votre humble serviteur s’est empressé de ramener son velu postérieur en pareil endroit. Et cette fois-ci, mon velu postérieur fut accompagné par ceux de notre cher Bob et de sa douce, qui ont également fait le déplacement. Il est important de préciser que le déplacement fut fait non pas pour voir quantité de groupes locaux, mais bien pour un seul et unique que vous connaissez maintenant tous: Oil Carter. Oui, payer 10 boules dans l’unique objectif de voir un seul groupe, ça pique le sus-mentionné velu postérieur. Mais après tout, je n’ai même plus besoin de préciser que je ne suis qu’une sale groupie, et que BORDEL DE MERDE, Oil Carter mérite qu’on fasse le déplacement! Et c’est ainsi qu’à l’instar du Père Castor, je vais vous raconter une histoire, pleine de tragédie (ou pas), d’action (ou pas), d’humour (ou pas) et d’amour à l’eau de rose (sûr’ment pas!!). Que chacun chevauche sa meule, les couilles bien posées sur la selle, c’est parti pour un petit compte rendu de ce festival!

Note de Bob : les photos en noir & blanc sont de Mathieu Puigserver, merci à lui !

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Highway To Hell

Il est environ 18h quand je franchis la porte du sanctuaire du Capitaine Boblastic. Je suis là, la rage au ventre, impatient de pouvoir faire découvrir aux tourtereaux les joies des concerts locaux. On embarque des sandwichs de la mort qui tue préparés avec amour et tendresse par Rikku, pleins à craquer de bouffe! Bob se munit de sa caméra, car vous le savez bien, ce cher Capitaine Bob porte autant de passion et d'intérêt à la musique qu'un obèse à la nourriture diététique: c'est donc en vue de prendre photos et vidéos variées qu'il se munit du matériel nécessaire. Et nous partons donc en direction de l'Ayguade, car, cela aussi vous le savez, mon sens de l'orientation est légendaire, et j'étais persuadé que le festival se déroulait entre l'Ayguade et les Salins. Pas de bol, c'était de l'autre côté des Salins, et un trajet de cinq petites minutes nous en a pris environ quinze, mais qu'importe, y fallait pas m'confier cette mission! L'endroit tant recherché fut aisé à reconnaître de par la présence de quatre bikers/ grizzlys tout droits sortis de Sons Of Anarchy, affublés des célèbres vestes de cuir et du brassard "Sécurité". Bien loin d'être aussi lamine- burnes que la sécurité de concerts plus importants, une simple vérification du coffre aura suffit avant de nous donner un joli petit bracelet semblable à ceux que portent les nouveaux nés, pour pouvoir entrer et sortir à notre guise. Les bougres ont sûr'ment bien rigolé en voyant une petite voiture de femelle arriver là-bas, avec un grand monsieur au volant. Non, la Lancia n'est pas le véhicule le plus viril au monde, c'est certain. Une fois sur place, à environ 19h, une question nous tracasse malgré tout: "et maint'nant, on branle quoi?"

The Five Longest Hours

Si j'ai la chance de connaître suffisamment de personnes du "milieu" avec qui patienter et se délecter de blagues aussi grasses et huileuses que les quinchos que nous avions dégustés en Espagne, ce n'est pas le cas de nos deux amoureux. Résultat: le problème d'achats compulsifs de Bob refit surface, qui se précipita vers les stands. Dieu soit loué, on était bien loin des stands de figurines auxquels notre webmaster est habitué, et les crânes, casques à cornes, t-shirts de groupes et autres bikeries que proposait ce motard d'origine belge à qui j'avais acheté, aux Médiévales de La Garde de 2008, un t-shirt de Lemmy, n'ont pas tenté le capitaine. Mais comment occuper cet homme/ créature? Et bien, on peut dire qu'on aura beaucoup attendu. Si Oil Carter était programmé pour environ 20h, une fois de plus, l'organisation laissa à désirer. Mais quelque chose de très préoccupant a vite pris les devants de nos pensées: des PUTAINS DE MOUSTIQUES! Une légion, une armée, que dis-je? Toute la nation des moustiques semblait s'être rassemblée au festival (et sans payer, les cons!), pour nous "sucer toute la nuit", et cela était loin d'être agréable. Là, une lueur d'espoir: l'ami Cédric nous informe qu'un "pchit" anti-moustique peut être demandé au bar. Bubu (guitariste de Nameless et ami du lycée), Bob, Rikku et moi nous dirigeons, accompagné d'Alice (déjà tartinée du vital fluide… pas d'arrières pensées, je pense à l'anti-moustique!), vers le bar, tels de braves chevaliers en quête du Graal et si proches du but qu'on en pleurerait presque de soulagement. Et là, tous nos espoirs s'effondrent: "des jeunes sont partis avec, désolé". GOD DAMN IT! Au moins, ces enfoirés de moustiques ce seront bien remplis le bide, si bien que je ressemble à un cyclope avec ce putain d'oeuf en plein milieu du front. Bref, nous attendons, inlassablement, qu'Oil Carter entre en scène. Un groupe joue, puis deux, puis trois… l'attente devient vrament longue. Ce bon vieux Kriss, avec ces allures d'Attila le Roi des Huns, vient nous voir et nous informe qu'il n'en sait pas plus que nous. Nom de Dieu d'bordel de merde, j'ai pas payé 10 euros pour m'faire sucer jusqu'à la moëlle par des moustiques (même s'il semblerait que, vu la qualité des dames de joies d'Espagne, le même traitement coûte environ cinq fois plus cher là-bas…)!!! Rikku et Bob décident de "faire un tour", ce à quoi Alice me rétoqua "tu vas pas tarder à être tonton!"… mpff, pas maint'nant merde! L'attente devient vraiment très longue, si bien que même les divertissants énergumènes présents ne parviennent plus à nous occuper. Il est de mon devoir de citer quand même ce gros black dont les allures font penser à Mister-T, qui passait son temps à entrer dans les cercles d'amis pour hurler, attendant de notre part une réponse du même niveau vocal, ou bien faire du tam-tam sur les épaules d'Alice et Rikku avant de me coller quelques petites baffes avec ces grosses mains (oui, évidemment, y en a un qui se prend des torgnoles, et c'est moi…). Mais une question subsiste: était-il fou, bourré, ou bien les deux? Cela demeurera un mystère que je ne veux pas tenter d'illucider. Puis, après s'être lassé de me coller des petits coups variés (doigts dans les côtes, dans le bide, petites claques et autres joyeuseries que je semble être destiné à recevoir à chaque fois), Bob et Rikku vont "se caller dans la voiture". Alice me refait la blague du tonton, je m'inquiète, j'ai peur. BORDEL PAS MAINTENANT! Quoique cela aurait été un honneur (et la classe) pour l'enfant d'avoir été conçu pendant un festival de bikers. Et là, un nouveau drame: harassés et fatigués d'attendre, Rikku et Bob veulent rentrer à la maison. Re- GOD DAMN IT! Si Bob fut victime d'un "raz le cul" qui était assez prévisible étant donné son amour de la musique, Rikku subit un "marre d'attendre" qui sembla plus fort que l'Appel du Rock. C'est ainsi qu'ils rentrèrent, allégés de dix euros qui auront été déboursé pour servir de buffet à ces saletés de moustiques, définitivement l'animal le plus inutile et le plus emmerdant de toute la création (quand je vous dis que Dame Nature est une vraie connasse…). Vous l'aurez donc compris, et nous sommes désolés de vous en informer (car pour une fois tout était prévu), mais les photos et vidéos ne seront pas des exclusivités, mais du matériel médiatique issu d'autres concerts. Nous sommes encore navrés (de toute manière, c'est Bob qu'il faut engueuler!!!). Je reste donc (car oui, l'Appel du Rock fut, dans mon cas, plus fort que tout) sur les lieux à attendre, en compagnie d'Alice. Et nous patientons, écoutant à moitié les autres groupes, agacés d'un tel retard causé par, semble-t-il, un manque d'organisation. Et puis enfin, c'est officiel: The Martins (groupe de Rock) terminent, et annoncent l'entrée en scène d'Oil Carter. Un flux de personnes s'approchent de la scène, dont Alice et moi, soulagés de savoir que nous allons enfin, après environ quatre heures et demi d'attente, prendre notre raclée du jour!

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Oil Carter: The Monsters Of Your Dreams

Enfin, après presque cinq heures d'attente dans le froid à se faire empaler par des moustiques fanatiques, les membres du carter d'huile fait résonner leurs bottes pleines de boue et de merdasse sur le parquet de la scène. On le sait, on le sent: enfin, on va s'en prendre plein la gueule, comme prévu! Et c'est parti, Something Starts Here débute. Si le peu d'expérience dont je dispose des concerts des amis Oil Carter m'a permis de savoir que mon corps réagissait à leur musique comme devant une prostituée Tchèque (je dis pas ça pour toi Samy!) fuselée comme une Mustang avec de gargantuesques airbags qui hurle, avec l'accent de son charmant pays, "Donne-moi amour comme un animal", ce peu d'expérience m'a également permis de contenir cet incroyable phénomène, et je peux vous assurer que c'était une orgie sacrément bordélique dedans moi. J'en ai encore les boyaux qui vrombissent, les couilles à l'envers, et un Do bien gras et dégoulinant de distorsion gronde encore dans mon tuyau à caca. Les morceaux s'enchaînent, et l'orgie s'intensifie. Cela devient dur de résister, et une petite voix dans ma tête m'ordonne de choper un des clébards qui traînaient par-là et de lui asséner la technique de la Gatling jusqu'à ce que je ne cartouche plus qu'un tas d'os humide et dégoulinant d'hémoglobine et autres fluides corporels dont je vais taire le nom, même si vous voyez précisemment de quoi je parle. Les sept morceaux (les six disponibles sur la démo et "Billy Brown") ainsi que leur reprise de "Whiplash" de Metallica défilent dans mes tympans à la vitesse d'un petit gros enfermé dans une poubelle dévalant une pente de San Francisco. Au moment où Kriss beugle au micro que leur show est fini, l'orgie en moi prend également fin, et de la manière la plus sordide et liquide qu'il puisse être pour une partouze de l'intensité de celle-ci: un véritable tsunami se répand dans mes veines (oui je sais, c'est dégueulasse, mais ce ne sont que des images), et enfin, la tempête se calme. Finalement, épuisés, Alice et moi rentrons, après avoir souhaité un joyeux anniversaire à son homme. Au passage: FUCKIN' HAPPY BIRTHDAY MISTER CEDRINK!!!! La soirée n'était pas terminée, mais nous étions loin d'être les seuls à partir après le passage d'Oil Carter, phénomène qui en dit long sur la réputation du groupe et sur la bravoure de ses fans.

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Fucking Conclusion

En fucking conclusion, on retiendra de cette soirée des hauts et des bas. Ou plutôt, un haut et beaucoup de bas. Une organisation qui semblait hasardeuse, les cinq longues heures à attendre, ces enculés de moustiques (au moins, je peux clamer sans mentir m'être fait sucer toute la nuit!), et les cons qui ont gaulé le pchit salvateur. Mais ces rudes épreuves se sont littéralement effacés lorsqu'Oil Carter, que je considère définitivement comme les grands champions de la scène locale et un groupe plein d'avenir plus que prometteur, fit hurler les guitares. Je connais par coeur tous les morceaux qu'ils jouent, je les ai vu un certain nombre de fois en concert, mais c'est à chaque fois un grand moment, une grande tarte en pleine poire, et vous l'aurez compris, une orgie intérieure aux allures de guerres entre clans barbares. Un incroyable charisme, un style musical incomparable (qualifié par le groupe de "Fat Rock", une image foutrement justifiée!), des performances scéniques à en faire pâlir plus d'un, un auditoire transporté et fidèle en communion avec le combo, la sympathique bande de joyeux rockers, composée de Kriss (chant/ guitare rythmique), Cédrink (guitare solo), Barbu (batterie) et Renand (basse, le petit nouveau du groupe!) nous fait immanquablement passer un très bon moment à chaque fois qu'ils ramènent leurs miches sur une scène. Et c'est avec une impatiente impossible à dissimuler que j'attend leur album (mettez-en un au frais pour moi!), sur lequel ils planchent actuellement. Et juste un dernier mot: merci les gars, et merci aux Morts Subites!

Whiplash repris par Oil Carter, Roquebrussane, le 29 Août 2009

Vidéo de présentation du groupe, à prendre au second degré!

Something Starts Here en live, Roquebrussane, 29 Août 2009

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