Artiste local: Manu Servé

Il est grand temps de vous surprendre. Vous vous attendiez sûrement à une chronique baveuse traitant d’un groupe de gros métal infâme dégobillant ses tripes dans des micros saturés, bourrinant des guitares accordées six pieds sous terre, fracassant la batterie comme si c’était la guerre, beuglant des atrocités jusqu’à ce que mort s’en suive. Vous vous attendiez sûrement à une chronique pleine de « couilles », de « putes », de « motocultage vaginal » et autres joyeusetés que vous avez l’habitude de me voir écrire sur notre site favori. Vous vous attendiez sûrement à de gros Amerloques poilus qui passent leur temps à boire, à vomir et à s’envoyer en l’air quantité de groupies et autres putes, parfois les trois en même temps (attention, ça tâche). Vous vous attendiez sûrement à un univers aussi ravagé que l’escalope à crinière de Britney Spears, aussi sombre que le rectum de Magloire, aussi dégoulinant que les hémorroïdes d’un babouin et aussi sale qu’un clochard Roumain galeux et plein de puces. Vous vous attendiez sûrement à un énième artiste malsain, sordide et tordu, à l’allure d’un guerrier Viking sous l’emprise du Berserkergang, ivre de sang, de combats et de morts, se préparant avec joie à la Ragnarok; si on le croise un Vendredi, le Lundi on court encore (si on a toujours nos jambes). Et bien, détendez-vous, chers lecteurs, déserrez vos miches, car on va, cette fois-ci, taper dans un registre bien différent. Bien loin du Métal et de son univers apocalyptique, nous voici dans un monde poétique et doux: celui de Manu Servé, notre bon vieux Manoux en personne! Adieu les grosses Les Paul branchées sur des amplis Marshall poussés dans leurs derniers retranchements, bonjour les bonnes vieilles guitares acoustiques! Adieu les mugissements bestiaux, bonjour le chant clair! Adieu les chansons parlant de putes, d’alcool, de bécanes et de baston, bonjour les chansons sentimentales avec des paroles sans insultes et bien écrites! Rangez vos bottes pleines de boue, votre gilet de cuir, masquez vos tatouages et votre gros 4×4 Américain qui suce un max (d’essence… j’préfère préciser!), nous allons faire un petit voyage des plus plaisants: tous chez Manu (façon d’parler, le pauvre n’aura jamais assez de bières pour nous tous)! Et, avant de chanter des paillardes dans le bus à destination de Manoux Land, on lance en chœur la formule habituelle: un petit tour du proprio s’impose! (PS: n’oubliez pas le pourboire pour votre guide…)

photos/Musique/manuserve.1.jpgphotos/Musique/manuserve.2.jpgphotos/Musique/manuserve.3.jpg

Fiche technique

Line-up actuel: c'est Manu qui fait tout!

Nombre d'albums: 3 albums

Style: Folk/ chanson française

Dates clés

PS: comme elle m'a fait rire, je remets mot-à-mot la bio disponible sur le site de ce bon vieux Manoux, dont voici le lien

1979: naissance à Lyon

1985/1993: apprend le piano à l'école de musique municipale de Hayange (nord du nord-est de la France)

1995: crise d'adolescence, apprend la guitare tout seul dans sa chambre devant un poster d'AC/DC

1996/1998: classes prépa: accumulation de haine contre la société

2001/2002: premier album de maquettes (non assumées)

2003: participation aux Rencontres d'Astaffort (asso de Francis Cabrel)

2004: réalisation de l'album "Avenue du Prévisible"; collaboration avec Olivier Dodane (auteur pour Patricia Kaas). Diplôme d'ingénieur

2005: scènes locales en tant que guitariste des Paingels, écriture

2006: collaboration avec l'association TANDEM en tant que pianiste pour l'enregistrement du maxi de "Alias Band"

2007: réalisation de l'album "Les Ailes de Juliana" et du court-métrage "Si tu savais Julie"

2008: réalisation du court-métrage "Like a toy lost in the sand"

2009: réalisation de l'album "l'Etendue des Possibles"

photos/Musique/manuserve.4.jpgphotos/Musique/manuserve.5.jpgphotos/Musique/manuserve.6.jpg

L'avis de Choupy

Je n'aime ni la folk française, ni la chanson française (malgré mes talents d'imitateur d'Edith Piaf), c'est un fait. Je suis un méga-maxi fan de ce que fait notre cher Manu, c'est un fait aussi. Je serais tout bonnement incapable d'expliquer pourquoi, mais cette musique me transperce le palpitant comme la balle d'un fusil Américain traverse la tronche d'un Vietcongue au début des 70's. Je connais le premier album par coeur, "Avenue du prévisible", harmonieux mélange entre musique folk, chanson française et un soupçon d'électro (pas celle des kékés qu'on a envie de massacrer à coups d'horodateur dans l'oignon, rassurez-vous), et j'apprécie tout particulièrement les chansons "Maison bleue", "Les désillusions de Ben", "Trop jolie" et "21 juin". La musique va droit dans l'âme, fichée comme la lame d'un barbare viking dans le crâne d'un moine. Le second album, "Les ailes de Juliana", tape dans un registre que je qualifierais de "Rock Baroque", à la manière de Muse par exemple, et, comme le premier album, il va droit au coeur. Mention spéciale à "Il était une fois" (j'adore ses sonorités médiévales!), "Si tu savais Julie" (douce et puissante à la fois), "A part toi" (un crescendo magistral), et le Final. Enfin, "L'étendue des possibles", revient à la folk dans son plus simple appareil: on sent que l'ami Manu s'est plongé dans la country entre temps! Mes coups de coeur sont "Ce que Dieu a fait", "Je chantais", "Je suis né ce matin", "Runaway" (Johnny Cash sous acides, Dieu que c'est bon!), "Les étoiles s'en foutent" et enfin "L'étendue des possibles". Vous pouvez aisément remarquer que j'ai du mal à départager les chansons, car c'est ici le cas que je n'ai rencontré qu'avec de très rares artistes (comme Black Label Society): j'aime chacune des chansons sans vraiment savoir lesquelles je préfère et sans en trouver une seule de "pas terrible". La raison? L'émotion est telle que chaque composition ramène un sentiment bien particulier. Tout y est: la tristesse, la nostalgie, la joie, la douceur, la puissance, l'énergie, la mélancolie, en bref, on peut vraiment passer d'une ballade qui nous f'rait chialer jusqu'à la déshydratation à ce genre de chanson qui nous fait sourire comme un con à l'écoute des harmonies et des paroles. D'ailleurs ces mêmes paroles sont criantes de vérité, et semblent toutes nous toucher dans notre intimité (Manu enlève ta main d'mes valseuses!!!): la plupart des chansons, de par leurs textes, nous rappellent presque à coup sûr un évènement déjà vécu, amenant encore de l'émotion à nos petits coeurs déjà tout moîtes de souvenirs et de fantômes. Par exemple, "A part toi" peut facilement nous rappeler une fille dont nous étions fou amoureux jadis, nous rappelle la beauté de ce sentiment tout comme la douleur qu'il évoque, et cela quel que soit l'auditoire: le gros biker crasseux et velu s'en souviendra autant que la petite pouf de 14 ans avec le pack mini-jupe et gros nichons qui débordent. En bref, et je terminerais là-dessus, le mot qui d'après moi qualifierait le mieux les oeuvres (pour ne pas dire "chef-d'oeuvres") de ce bon vieux Manoux, c'est "émotion", sans hésiter. Enfin un vrai "Motherfolker"!!! Et encore un dernier petit mot: "MERCI MANU!"

Anecdote

– Le clip "Like a toy lost in the sand" a été réalisé pour remercier les nombreux fans étrangers ayant apprécié le clip de "Si tu savais Julie"

VIDEOS

Si tu savais Julie

Like a toy lost in the sand

 
 
 

 

Répondre à Nicolas S. Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *