De la légitimité et de l’opportunité de cette chronique.
Voici un titre pour le moins racoleur de nature à en laisser plus d’un songeur, voire perplexe au moment d’aborder cette chronique. N’avons-nous pas, en effet, déjà vu passer pléthore d’articles rédigés, avec plus ou moins de bonheur, par des critiques professionnels ou amateurs aussi nombreux que les fantassins de l’armée rouge, arborant une thématique similaire ? N’avons-nous pas, une fois arrivés en fin de lecture, souvent ressenti cet étrange sentiment que l’on venait de perdre littéralement une demi-heure de sa vie tant le classement proposé ne reflétait aucunement ses propres jugements, fussent-ils absolument subjectifs ? Enfin, n’avons-nous jamais été titillés au point de se fendre d’un courrier ou d’un commentaire indélicat à l’endroit du rédacteur afin de lui signifier quel inculte il fait et quelle erreur impardonnable il a commise d’avoir omis telle ou telle production cinématographique (le mécréant !). Car il est de notoriété publique que, de la même façon qu’il existe autant de sélectionneurs de l’équipe de France de football que de français, il existe également autant de jugements - et donc de classements - différents qu’il y a de cinéphiles, ou d’individus se revendiquant comme tels (c'est-à-dire toute personne ayant vu au moins trois films au cinéma dans sa vie, soit à peu près tout le monde).
Pourtant, j’aime à réhabiliter le cinéma comme l’expression artistique que d’aucuns semblent avoir oublié qu’il était à l’origine. Ces dernières années, j’en ai même fait une croisade personnelle en y mettant autant de détermination qu’un Fox Mulder à révéler le complot gouvernemental cherchant à dissimuler aux citoyens une invasion extra-terrestre inéluctable. Je ne le redirai jamais assez mais, comme tout art qui se respecte, le cinéma répond à des critères, canevas et autres dynamiques définis dont la maîtrise demande aux réalisateurs de longues années d’apprentissage et une vision fraiche de leur métier, condition si ne qua non pour se démarquer dans l’un des microcosmes les plus soumis à la concurrence au monde, et où le moindre faux pas peut s’avérer dramatique pour sa carrière (et ce n’est pas Pitof qui me contredira). De la même manière, j’ai l’intime conviction que les attributs réels et objectifs d’une production du 7ème art ne peuvent être perçus que par certains individus, une sorte de collège d’experts, aux yeux tellement gavés de films qu’ils parviennent à n’en retenir que la substantielle moelle afin de remplir au mieux une grille de notation la plus impartiale possible (sur laquelle j’aurai l’occasion de revenir infra). Toujours est-il que, à l’instar de n’importe quelle autre expression artistique (peinture, architecture…), je pense que le béotien ne pourra guère argumenter plus loin que le sempiternel refrain « j’aime bien » ou son antagoniste « je n’aime pas » devant une œuvre cinématographique car aller plus en avant demande des réflexions et analyses nécessitant de se projeter bien au-delà du simple ressenti personnel, fusse-t-il vaguement défendu et ergoté. Ne s’improvise pas critique d’art qui veut !
S’il ne fait aucun doute, cependant, que la tâche du critique est aisée à bien des égards, celui-ci se contentant d’émettre un avis sur un film qu’il n’a pas lui-même créé (et, force est de constater qu’il en serait souvent bien incapable), elle n’en reste pas moins sujette à de nombreux pièges pour quiconque aime à faire ce travail avec honnêteté et passion. J’exclue ainsi de cette catégorie les milliers de zozos se revendiquant comme experts en la matière mais dont la culture cinématographique excède à peine les connaissances d’Eve Angeli en géopolitique ou celles de Francis Lalanne en poésie, musique et football. Par extension, j’exclue également les critiques s’étant plus ou moins volontairement prostitués intellectuellement en émettant des avis répondant souvent à des critères très éloignés de la qualité intrinsèque de l’œuvre comme, par exemple, le nombre d’encarts publicitaires réservés par le distributeur dans le ‘zine dans lequel ledit critique sévit. Mais bref, je m’égare… Tout cela pour vous dire que, art populaire qu’il se veut être, le cinéma engendre moult réactions auprès des spectateurs – et c’est bien là son essence même – mais de grâce, gardons bien à l’esprit que la réelle légitimité pour analyser toute œuvre d’art qui soit n’est pas innée mais s’acquiert au prix d’une dose certaine d’efforts et de profonds retours sur expériences. Ainsi, le cinéma crée-t-il son propre paradoxe : se voulant populaire et engendrer un engouement auprès de la masse (ne serait-ce que pour de viles raisons pécuniaires et mercantiles), il en a inexorablement perdu de sa superbe en ne proposant à l’amateur d’art plus que quelques rares occasions de s’enthousiasmer… à l’inverse du quidam qui trouvera moult occasions d’être diverti à grand renfort de FX chiadés à l’extrême, de mécanismes aussi efficaces qu’éculés, j’en passe… Et lorsque même les réalisateurs les plus talentueux et habituellement les moins enclins à faire des concessions s’y mettent, cela donne naissance à des films comme
Avatar, qui pour le coup, porte parfaitement bien son nom.

La grille de notation en question
Pour autant, le critique d’art cinématographique est-il une espèce vouée à disparaître, à laisser place libre à l’avènement d’une nouvelle race de pseudo-analystes ergotant autour de films « grand public » visionnés « par-dessus la jambe » aussi sûrement que des piliers de comptoir refaisant le monde au café du commerce du coin? Je ne le crois définitivement pas, pourvu que ledit critique sache s’imposer une discipline de fer et ne pas succomber à la pression sociale. Au risque de s’exposer à la vindicte populaire le vrai critique, s’il se veut résolument objectif, devra également s’évertuer à faire abstraction de son ressenti personnel sous peine de biaiser en profondeur son analyse. En d’autres termes, avoir passé un moment agréable devant un film n’en fait pas automatiquement un grand film. A contrario, on peut ne pas avoir réellement apprécié la thématique, la teneur ou la dynamique d’une œuvre sans pour autant en occulter ses qualités techniques intrinsèques. De la même manière, il est important de faire abstraction de tout élément extérieur pouvant causer une altération du jugement, comme par exemple le fait d’être particulièrement mal luné, d’avoir passé une journée de chien ou encore d’avoir eu à endurer (voire subir) une séance de projection exécrable (sièges grinçants, projectionniste alcoolique, spectateurs indisciplinés…).
Pour autant, il est évident que le biais zéro n’existe pas, l’analyste ne pouvant faire abstraction de son vécu personnel, de ses propres valeurs, croyances et affinités (consacrant dès lors ce que les scientifiques nomment « biais cognitif culturel et émotionnel »). Ainsi, il est certain que les sentiments éveillés par les thématiques des films diffèreront grandement selon le caractère et le passif du spectateur, les uns étant plus réceptifs à certaines émotions que les autres. Ainsi, la critique qu’il fera d’un film sera la plus objective possible, mais en accord avec ses propres valeurs. Une parfaite alchimie qui ne peut être obtenue que si l’analyste adopte une grille de lecture qui soit à la fois sobre (pour en faciliter la lisibilité), intelligible et surtout immuable, sous peine de fausser le référentiel. Notons toutefois, et je le concède volontiers, que si la construction de la grille en elle-même peut paraître arbitraire, elle reste le meilleur moyen de réduire significativement le biais d’analyse et la transparence des résultats. En ce qui me concerne, j’ai de longue date adopté une grille que le temps n’a pas fait varier d’un iota et qui, paradoxalement, ne me semble pas avoir pris la moindre ride. De ce référentiel, par souci de simplification (et aussi parce que c’est mon bébé), je ne vous livrerais que les grandes catégories sans entrer dans les méandres des sous-catégories et des coefficients accordés à chacune (toutes ne faisant pas l’objet de la même attention).
Ceci étant établi, les paramètres principaux pris en considération dans ma grille de notation sont les suivants : scénario (intelligibilité, inventivité, cohérence, faculté de tenir le spectateur en haleine, qualité des dialogues), réalisation (tournage/prises de vues, montage, photographie, FX, degré d’innovation), acting (prestation des protagonistes, prestation des seconds rôles, degré d’implication des figurants), bande sonore, et divers autres critères tels que le caractère intemporel de l’œuvre (ou plus communément sa faculté à « bien vieillir ») ou encore l’aspect fédérateur du film (présence de scènes/répliques cultes, émergence de groupes de fanboys à l’échelle internationale, persistance du phénomène quand le recul le permet, présence de produits dérivés divers et variés). Sans trop entrer dans les détails, il convient de noter que j’accorde une certaine importance à ces deux derniers paramètres, si bien que cela fait la part (très) belle aux productions hollywoodiennes. En effet, mes connaissances culturelles « exotiques » étant ô combien limitées (je plaide coupable), et étant bien peu capable de mesurer les retombées de long terme des productions asiatiques, bollywoodiennes ou encore sud-américaines, j’ai fait volontairement l’impasse sur des films qui auraient très bien pu figurer dans ce classement, comme par exemple le fabuleux Old Boy pour ne citer que lui.
Pour en finir avec les choix « artistiques » de l’auteur, sachez que j’ai pris l’option de toujours considérer les films d’une même franchise comme les parcelles d’une seule et même œuvre (sauf s’il s’agit d’un reboot ou encore si l’un des films est un véritable OVNI cinématographique, genre l’ignoble Highlander 2), ce qui peut expliquer d’une part la présence ou l’absence de certaines séries, et d’autre part la constante réactualisation des sagas au gré des nouveaux opus. Ainsi, le merveilleux Matrix pait-il deux suites bien moins savoureuses et peu justifiées. Jurassic Park souffre d’un troisième opus qui, bien qu’haletant, ne se hisse clairement pas à la hauteur des écrits de Crichton et de la réalisation de Spielberg des deux premiers épisodes. Il en va de même pour des monuments tels que Terminator, Alien, Silence of the lambs, Saw (dont le premier opus avait su renouveler le genre de manière magistrale avant que ses innombrables suites viennent détruire la franchise), etc, etc… Même le plus grand des archéologues, Indiana Jones, pâtit d’un quatrième épisode qui, s’il avait su me ravir, reste en deçà des ses glorieux prédécesseurs, notamment Raiders of the Lost Ark, chef d’œuvre intemporel s’il en est. Vous l’aurez donc compris, j’ai effectué des choix personnels (et donc discutables) au moment de créer ma grille d’évaluation et de ne pas dissocier les œuvres d’une même saga. Mais, ce sont là les seuls biais apparents de mon analyse puisque les notes ont toutes été attribuées en relatif. Au final, le classement que je vous propose n’a que peu de choses à voir avec mon propre classement préférentiel, et c’est tant mieux puisque c’était l’effet recherché. Ainsi, ne vous étonnez pas de l’absence de X-Files, Godfather, Sin City, Very Bad Things, Ocean’s (11 to 13), et autres Blade Runner, Beetlejuice et Lethal Weapon : toutes ces œuvres qui auraient éventuellement pu entrer dans mon top personnel, mais qui n’ont définitivement pas l’envergure des pièces maîtresses que le classement à venir met en exergue.
Les nominés et les grands perdants
Au final, j’ai sélectionné pour vous 10 œuvres cinématographiques fondamentales que nul ne saurait ignorer sans passer à côté de ce que le cinéma a de mieux à nous offrir. Je suis particulièrement satisfait en ce que ce classement, bien qu’en perpétuelle mouvance, consacre quelques uns des plus grands réalisateurs et acteurs hollywoodiens de ces dernières années, tout en mettant à l’honneur bon nombre de genres cinématographiques différents.
La liste des nominés est donc la suivante, dans l’ordre chronologique de leurs parutions respectives :
Star Wars (1977-2005), Back to the Future (1985-1990), As good as it Gets (1997), The Green Mile (1999), The Lord of the Rings (2001-2003), Minority Report (2002), The Last Samourai (2002), Big Fish (2003), Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), Wall-E (2008).
On remarquera que cette liste balaye des genres aussi divers que le thriller d’anticipation, la SF, le fantastique, l’animation, le divertissement d’action et même la comédie romantique !!! Les réalisateurs les plus renommés d’Hollywood, que dis-je ?! les monstres sacrés, sont également de la partie (George Lucas, Steven Spielberg, Tim Burton, Peter Jackson, Robert Zemeckis, Frank Darabont, James L. Brooks) tout en laissant la place aux réalisateurs les plus talentueux de la nouvelle génération de s’exprimer (Michel Gondry, Edward Zwick, Andrew Stanton). Il en va de même pour les acteurs, jugez plutôt : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Helen Hunt, Jack Nicholson, Tom Hanks, Harrison Ford, Ewan McGregor, Jim Carrey, Tom Cruise… sont quelques unes des célébrités consacrées par ce classement.
On ne pourra passer outre cependant quelques absents de marque qui auraient sans doute mérité de figurer, dans d’autres catégories, au Panthéon, soit pour un coup d’éclat, soit pour l’ensemble de leur œuvre. Je pense à des réalisateurs tels que Stanley Kubrick, Martin Scorcèse, Francis Ford Coppola, M. Night Shyamalan, Clint Eastwood ou encore Guy Ritchie, David Fischer, James Cameron, Ron Howard, David Lynch voire Woody Allen, Ridley Scott, Oliver Stone, les frères Coen et Steven Soderbergh (à noter que John Lasseter n’apparaît pas en tant que tel dans le classement, cependant sa supervision technique sur Wall-E fut considérable).
Le jeu des pronostics
Le processus de divulgation des résultats s’apparentera à celui choisi par Boblastic himself relativement à ses estimés
mangas, à savoir une nouvelle entrée par semaine (en espérant que mes activités professionnelles me permette de soutenir ce rythme). Cependant, la matrice de présentation pourra, quant à elle, quelque peu varier.
Je vous donne donc rendez-vous dans une semaine environ pour découvrir le numéro 10 de ce classement. En attendant, je vous propose de vous livrer au petit jeu des pronostics qui consiste pour chacun d’entre vous à poster à la suite de ce billet, avant promulgation du premier résultat (soit le numéro 10), son classement prévisionnel. J’attribuerai ainsi 20 points par film correctement placé. Un bonus de 80 points sera attribué aux personnes qui seront capables de donner le tiercé gagnant dans l’ordre, 50 points dans le désordre. A vos pronostics !
El Juju, pour Boblastic.com
neojedi dit :
Ensuite laisse-moi rire sur les une entrée par semaine pour les mangas de Boblastic. On a attendu 4 mois ( de aout à décembre pour avoir le classement complet).
On gagne quoi si on a le bon pronostic ? parce que les bons points c’est bien sympa mais après ?
Voila mon pronostic:
10 As good as it gets
9 Big fish
8 The last samurai
7 The green mile
6 Eternal sunshine of the spotless mind
5 Wall-E
4 The lords of the rings
3 Minority report
2 Star Wars
1 Back to the futur
El Juju dit :
Etant donné mon emploi du temps ministériel, je ne m'avancerais pas vraiment sur les échéances, les dates étant annoncées de manière indicative. Quoiqu'il en soit, je m'efforcerai de faire de mon mieux afin de rendre mes copies à temps.
Je suis parfaitement conscient du caractère hautement polémique de cette chronique, et je t'avouerais que c'est exactement là l'effet recherché. Alors à vos argumentaires messieurs (mesdames et mesdemoiselles aussi soit dit en passant...).
Je prends bonne note de ton pronostic Francky. Verdict dans (approximativement) 11 semaines donc. Quant à la récompense, sinon la gloire et la reconnaissance, je ne vois trop quoi t'offrir. A moins qu'une discussion avec notre hébergeur ne nous donne l'occasion de trouver un lot idoine et incitatif à réserver au vainqueur. Bref, restez à l'affut.
neojedi dit :
Ai je au moins un film bien placé?
El Juju dit :
Point de délit d'initié céans, tu découvriras le classement final en même temps que tous les autres, c'est à dire au gré de mes publications successives. L'attente sera donc longue, mais il paraît que plus c'est long, plus c'est bon...
Boblastic dit :
10. Minority Report
09. The Last Samurai
08. As good as it gets
07. WALL-E
06. The Lords of the Rings
05. Back to the future
04. Big Fish
03. Star Wars
02. Eternal sunshine of the spotless mind
01. The Green Mile
Honte à moi, mais je connais As good as it gets, mais je ne l'ai jamais vu en entier... Tu te vois donc dans l'obligation de m'éduquer sur ce point en me prêtant ton dvd.
Sans réellement aller chercher très loin, je dirais sans difficulté que certains titres de ta liste auraient pu laisser facilement leur place à des films comme : Mulholland Dr., There Will Be Blood, 2001, Pacman's Return, In the mood for love, Le parrain et en toute subjectivité Fight Club.
El Juju dit :
Aussi profite-je de l'occasion pour rectifier le tir en annonçant officiellement que le système de ranking sera complété par un classement basé sur les écarts-types (ou communément appelé "à la moyenne anglaise") qui reflètera bien mieux la justesse de vos pronostics.
Je te prêterai volontiers le dvd de As Good as it Gets qui te fera à coup sûr passer un excellent moment, ... sitôt que j'aurai réussi à remettre la main dessus. Encore un dvd que j'ai prêté à je ne sais qui et qui ne m'est jamais revenu...
Si je puis parfaire ta connaissance cinématographique sur ce film, tu vas pouvoir contribuer à la mienne en me parlant de Pacman's Return duquel je ne sais rien.
Concernant les autres films de ta liste, plusieurs choses à savoir:
1) De tous les films que tu as cités, the Godfather et Fight Club sont ceux qui s'approchent le plus du Panthéon, le premier figurant dans le top 20, le second dans le top 40. Sur mon propre classement préférentiel, nul doute que ces films figureraient encore mieux. Mais là, l'impartialité de la grille a sanctionné un troisième opus du parrain bien moins inspiré que les deux précédents, tandis que Fight Club a quelque peu payé le système de notation en relatif et le fait que Fincher avait su, auparavant, rendre des copies encore plus impeccables sur le plan du montage, de la narration et de l'intelligence scénaristique.
2) Bizarrement, ayant apprécié Mulholland Drive, je me rends compte qu'il figure loin dans le classement. Finalement, il a payé une réalisation tout juste convenable (bien loin de la maestria des œuvres du même genre présentes dans ce classement, tu en conviendras).
3) Par 2001, je pense que tu fais allusion à l'une des uvres majeures de Stanley Kubrick (2001: Space Odyssey). Pour sa part, elle a chèrement payé une certaine faiblesse à bien vieillir. Je ne fais aucunement allusion au scénario, ni aux thématiques abordées d'une rare intelligence, mais en l'occurrence c'est la réalisation générale qui en a pris un sacré coup. Les techniques de mises en scène ont fort heureusement énormément évolué depuis. Le rythme de la narration ne répond plus vraiment aux standards qualité actuels et je dois avouer que, tout bon qu'il soit, j'ai bien du mal à m'y replonger...
4) La présence de There Will be Blood dans ta liste constitue pour moi une authentique énigme en ce que, à ma grande honte, je n'ai jamais eu l'occasion de le voir. Vu les critiques dithyrambiques qui émanent de ceux qui ont eu l'occasion de le voir, c'est chose que je ferai dès que l'opportunité se présentera. C'est, de toutes manières, un classement qui est amené à évoluer: rien n'est figé dans la roche.
5) Enfin, concernant In the Mood for Love, deux remarques:
- comme stipulé dans la chronique, les films asiatiques souffrent par essence de mon système d'évaluation. Même dans le cas inverse, il se situerait en deça d'un Old Boy qui prend bien plus de risques dans les thématiques abordées, et sa réalisation complètement folle.
- mais par dessus tout, et comme il l'est également stipulé dans la chronique, ne dissociant pas les suites, aussi lointaines et informelles soient elles, le présent titre payerait de toutes façons un 2046 largement moins inspiré. Quant au premier opus de la trilogie, Days of Being Wild, je ne l'ai tout simplement pas vu. Dès lors, en accord avec la construction de ma grille, je ne pouvais que logiquement faire l'impasse sur In the Mood for Love, tout en te concédant qu'il est, à proprement parler, excellent.
Dernière édition le Mercredi 20 Janvier 2010 à 07:13:30 par El Juju.
Guigui dit :
J'ai pas encore réfléchi à mon pronostique... mais je vais m'y mettre.
Juste une petite question sur la grille de notation: Y a t'il une pondération des paramètres en fonction du genre?
L'aspect fédérateur du film me parait favoriser les films d'action, science fiction et comédie. C'est beaucoup plus difficile pour un drame d'avoir des scènes/répliques cultes, produits dérivés et des fanboys.
L'absence de Sin City dans le classement ne me surprend absolument pas. Le film est génial mais n'est clairement pas l'un des 10 meilleurs films que le cinéma ait pu nous offrir. C'est une oeuvre majeur de la BD américaine, pas de son cinéma.
El Juju dit :
Tu poses une question dont tu supposes déjà fortement la réponse. Il existe évidemment des paramètres de pondération en fonction des genres cinématographiques. Ainsi, de la même manière qu'on ne peut accorder la même importance à l'actingselon que l'on ait à évaluer un Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou un Wall-E, il serait tout à fait stupide de noter des films aussi différents qu'une comédie romantique et un thriller d'anticipation en accordant la même importance aux différents critères pris en considération.
Quant à l'aspect fédérateur, sans trop entrer dans les détails, j'ai intégré nombre de petites variables d'ajustement pour tenter de remédier au problème dont tu te fais l'écho. Par exemple, la ratio budget/bénéfices a été utilisé pour affiner l'analyse. La persistance d'une communauté de fans en est une autre. Les notes moyennes accordées sur deux sites américains de référence en matière de cinéma a également pu contribuer à renforcer l'analyse.
Bien sûr, j'ai parfaitement conscience que d'avoir mélangé ainsi les genres comporte un certain nombre de biais, auquel je me suis efforcé de répondre de la manière la plus satisfaisante qui soit. J'aurais pu, bien plus simplement, et pour un coût de recherche bien moindre, me contenter de tiercés genre par genre, mais je voulais un parallèle avec le format de la chronique de Bob sur ses mangas préférés. Et l'idée d'intégrer un jeu des pronostics a finalement fini de me convaincre d'opérer ce choix.
Je pense qu'au final le résultat est plutôt satisfaisant et impartial. Il y a un certain mélange des genres, et plusieurs titres n'ont pas joui d'un budget pharaonique, loin de là.
Guigui dit :
Mon pronostique:
10. Minority Report
9. As good as it Gets
8. The Green Mile
7. The Last Samourai
6. Big Fish
5. The Lord of the Rings
4. Wall-E
3. Star Wars
2. Eternal Sunshine of the Spotless Mind
1. Back to the Future
Bon, juste pour le fun et parce que c'est facile: après Clone Wars (et Jar Jar Binx) SW ne devrait plus figurer dans le top 10!
On me fait signe qu'on est dans un cas à la Highlander 2. Comme quoi, il vaut mieux pour une licence avoir un film tout pourri qui sera ignoré qu'un Jurassic Park 3 ou qu'un Indy 4
Dernière édition le Jeudi 21 Janvier 2010 à 09:43:47 par Guigui.
El Juju dit :
Quant à Schindler's List, je te rassure, il figure non loin du Panthéon, sans pour autant parvenir à l'intégrer. L'aspect émotionnel que tu évoques, bien que magnifié par la mise en scène de Spielberg tirant le meilleur parti de ses acteurs (ce qui est loin de constituer une constante chez lui) et le travail musical de John Williams (toujours impeccable), doit aussi énormément à la thématique du film. Ce que je veux dire, c'est qu'il est par essence bien plus facile de provoquer les émotions du public quand on traite de sujets aussi sensibles que ceux évoqués dans ce film, que lorsqu'on aborde des sujets plus "légers" ou, plus encore, lorsque l'on s'appuie sur des personnages entièrement modélisés et animés par ordinateur (Wall-E en sera un parfait exemple). Donc, en renversant le problème, la prime ne doit-elle pas légitimement revenir aux productions cinématographiques capable de provoquer ces émotions alors même qu'elle s'appuient sur une base qui leur est, sur ce plan là tout du moins, a priori défavorable?
Minority Report, sans trop en dévoiler, et puisqu'il en est ici question, se situe je te le concède à des années lumière de Schindler's List quant à la puissance émotionnelle. Mais il regorge de trésors qui justifient, et je vous le démontrerai, amplement sa présence au Panthéon. Ce n'est pas pour rien si Michel Ciment (pour Positif) avait titré à son sujet "le meilleur film de Spielberg" alors même que quiconque s'intéresse de près ou de loin à l'actualité du cinéma sait que Michel Ciment n'a jamais été tendre avec le réalisateur américain, descendant le plus souvent ses productions sans la moindre vergogne. Verdict sur la place de Minority Report dans ce Panthéon dans quelques semaines.
Dernière édition le Jeudi 21 Janvier 2010 à 11:11:43 par El Juju.
Fred83 dit :
Ceci étant, voici mon classement :
10/ The Last Samouraï
09/ The Green Mile
08/ Le Seigneur des Anneaux
07/ As good as it Gets
06/ Minority Report
05/ Big Fish
04/ Eternal Sunshine of the Spotless Mind
03/ Star Wars
02/ Wall-E
01/ Back to the future
El Juju dit :
Gageons que cette chronique aura au moins la vertu d'éclairer ta culture cinématographique en te donnant l'envie de te délecter de ces dix œuvres magistrales.
Pour le reste, verdict dans quelques semaines.
Boblastic dit :
Pour 2001 : Space Odissey, sa vision est très récente pour moi, et malgré l'époque, je suis resté ébahi du début à la fin... Pour un film qui date de 1968, je le trouve visuellement très propre justement et très proche des films contemporains.
Concernant ta remarque sur Old Boy, je suis d'accord avec toi mais je ne suis pas certain d'être objectif devant ce film : tout comme pour Fight Club, je suis tout simplement fan d'une façon pas forcément rationnelle. Mais cinématographiquement parlant, Old Boy est une claque énorme et aurait mérité d'être présent : le plan séquence dans lequel le héro se bat contre 30 gars n'est pas à tomber par terre ?! Tiens, si j'ai encore du mal à dormir, je vais me faire une petite séance Old Boy cette nuit...
Par contre, pour Mulholland Drive, je ne suis pas tout à fait d'accord mais sa vision est un peu lointaine pour que je puisse argumenter correctement. On ne peut pas nier le fait qu'il ne laisse vraiment pas indifférent dans tous les cas.
Pour There Will Be Blood, dès que j'arrive à me dégoter le BRD pas trop cher, on se fait une séance ensemble !
Concernant Pacman's return, je ne sais pas d'où c'est sorti (si ce n'est de ma connerie) et je n'ai aucune explication à te donner là dessus... Ce ni drôle ni pertinent, je n'ai donc aucun autre choix que de m'excuser platement. Ca ne m'empêchera pas pour autant de rire en t'imaginant chercher sur le net ce film pour te renseigner.
El Juju dit :
Pour Old Boy, tu prêches un converti et je crois que tout le bien que je pense de cet authentique chef-d'œuvre du septième art transpire dans la chronique, mais également dans le fil de discussion. Disons, pour résumer, que son absence est à voir comme un dommage collatéral relatif aux choix artistiques que j'ai opéré de manière assumée dans le cadre de la réalisation de cette chronique.
Concernant 2001: A Space Odyssey, si les thématiques restent d'une rare intelligence et pertinence, si certains aspects de la réalisation gardent une saveur toute particulière, il n'en demeure pas moins que le film a (mal) vieilli à bien des égards, dans la dramaturgie, la narration parfois poussive et/ou un certain manque de rythme par moments. Lors de mon dernier visionnage, je n'ai d'ailleurs pas retrouvé le génie de Kubrick dans sa faculté de tirer le meilleur parti des acteurs qu'il dirige, comme ce put-être le cas dans Shining{/i] ou dans le très controversé [i]Eyes Wide Shut, qui bien que grandement perfectible, révèle des facettes du jeu d'acteur de Tom Cruise que l'on ne lui soupçonnait guère.
Rien à ajouter sur le fait que Mulholland Drive ne laisse pas indifférent, comme c'est souvent le cas dans les productions de David Lynch (auxquelles je suis souvent, il faut bien l'avouer, assez réfractaire de prime abord). Toutefois, il reste trop alambiqué, quelquefois inutilement complexe, transpirant à moult reprises les délires masturbatoires de son réalisateur ... tout en accusant une réalisation "sans tambour ni trompette" (je ne parle pas du montage qui, lui, est excellent). Dans un registre voisin, si tant est que l'on puisse être "voisin" du film en question, les œuvres de ce Panthéon qui s'approcheraient le plus de la dramaturgie et du style désincarné et décomplexé de Mulholland Dr. (en l'occurrence, Big Fish et Eternal Sunshine of the Spotless Mind) me semblent surclasser le bébé de Lynch en bien des points. Suffisamment en tout cas pour les voir figurer à ce Panthéon alors que le film qui révéla le talent de Naomi Watts, lui, brille par son absence.
Enfin, je te suivrai sur la route de There Will be Blood avec entrain et enthousiasme dès lors que l'occasion se présentera.
Fred83 dit :
El Juju dit :
Il s'agit assurément d'un bon film, mais il est très loin d'avoir l'envergure, l'audace et la justesse des œuvres maîtresses qui le précèdent dans le classement.
Ceci étant, je me referais bien volontiers une petite séance de ce film qui m'a particulièrement plu.
Mister Krieg dit :
Le voili le voilou:
10/ as good as it gets (pas vu)
9/ Big fish (pas vu)
8/ Minority Report (vu bourré, donc pas vraiment vu)
7/ Eternal Sunshine (pas vu)
6/ Star Wars (vu)
5/ Wall-E (vu)
4/ Back to the future (pas vu)
3/ Lord Of The Rings (vu)
2/ Green Mile (pas vu en entier, mais j'ai kiffé!)
1/ The Last Samurai (un d'mes films préférés!)
Me jetez pas de cailloux!
El Juju dit :
Je laisse passer le week-end pour donner l'opportunité aux retardataires de se manifester.
Donc RDV lundi pour la divulgation du film classé dixième de ce Panthéon cinématographique.
neojedi dit :
El Juju dit :
Mais promis, elle sera disponible en ligne d'ici lundi prochain dernier carat, et ce quelque soit le degré d'inertie des retardataires...
Un padawan se doit de savoir faire preuve de patience s'il aspire à devenir chevalier jedi, tu devrais savoir ça mieux que quiconque
Dernière édition le Mercredi 03 Février 2010 à 17:12:56 par El Juju.
neojedi dit :
Patience patience
El Juju dit :
manoux dit :
Je suis un peu déçu, je ne vois rien à repprocher à ta démarche, moi qui espèrais commencer mon commentaire par un tacle border-line comme à d'accoutumée, je ne peux que saluer l'honnêteté de ton projet !
J'ai bien cependant noté le petit appel de phare sur "avatar" mais je ne cèderai pas à l'appel de la facilité
Je n'ai rien à critiquer a priori subjectivement sur tes choix, ce sont tous des films que j'ai beaucoup aimé, mis à part evidement the last samourai que je n'ai pas vu.
J'aurais cependant une objection: Pour moi tu as loupé un critère étentiel : l'inventivité. La part de création, de folie consciente et de non-conventionel controlé. Tu as bien parlé d'inventité à propos du scenario mais à mon sens cette notion doit être absolument transversale !
Mis à part ça, choisir 10 films parmi tes critères est un travail fastidieux et je t'imagine bien avoir passé des soirées à remplir des grilles en revoyant des films pour lesquels tu aurais eu le doute pour les besoins de ton article
Je vais donc prendre quelques heuristiques dans mon algorithme pour aller plus vite, la première est que je vais sélectionner sans les classer une quinzaine de films qui a priori rentretaient bien dans le top de mon classement, et mettre en premier ceux pour lesquels nos classements se croisent.
Je crois que je t'aurais suivi sur le choix de Spielberg mais pour la saga Indiana Jones, Le seigneur des anneaux y serait aussi,
Star wars également, même si je persiste à dire que Lucas est une quiche, et que ce sont les directeurs techniques, les ingénieurs , Williams et Harrisson Ford qui en ont fait un chef d'oeuvre. Un autre réalistateur que Lucas et on aurait eu la plus grande oeuvre fédératrice de tous les temps, ja joconde du cinéma. J'ai des orgasmes cérébraux ( comme dirait Bob ) a imaginer ce qu'aurait donné ce film avec le même équipe et Spielberg à la réalisation...
J'aurais probablement mis dans mon classement :
-Le Pianiste de Polanski, qui, malgré l'attirance dégoutante de son réalisateur pour les jeunes adolescentes mannequin, aurait selon moi un 10/10 à chacun des critères du film.
-Forest Gump, Les Oiseaux d'Hickock, Le bon, la brute et le truand, Avatar (ah ben si en fait ^^), La Belle au Bois Dormand (Il n'y a pas de Disney Historique dans ton classement ?? ( et en prévision de réponse : Wall-e est commercialement un Disney, mais conceptuellement et pour toujours une oeuvre que les gens diront "de Pixar" ! ), Ben Hur, Le dictateur.
Donc ce qui donne le pronostic suivant:
1)Star Wars
2)Le seigneur des Anneaux
3)Minority Report
par ordre d'estimation rapide et subjective ceux que je n'aurais pas retenu dans mon classement:
4)La ligne Verte
5)Wall-E
6)Big Fish
7)Eternal Sunshine
9)Back to the Future
Il m'est douloureux de devoir classer "the last samouraï" ne l'ayant pas vu. Mais pour la forme et pour le comptage des points:
10) the last samourai
Dernière édition le Vendredi 12 Février 2010 à 18:33:38 par manoux.
El Juju dit :
Verdict dans quelques semaines.
Effectivement, aussi étonnant que cela puisse paraître, aucun Disney traditionnel ne figure à ce Panthéon. A titre d'information, les trois titres s'en approchant le plus - Beauty and the Beast, The Lion King et Brother Bear - ont chacun péché de manière rédhibitoire sur un ou plusieurs critères, soit par déficit de notoriété, soit par manque d'originalité, soit par le biais d'une bande originale relativement moins inspirée... De manière générale, ces titres ont manqué du petit grain de folie qui caractérise des Lilo & Stitch et The Princess and the Frog pour espérer figurer au Panthéon. Il n'en demeure pas moins que la plupart des superproductions Disney constitue des chefs d'uvres intemporels, à voir et à revoir. Quant à Wall-E, j'essaierai, quand l'heure sera venue, de te démontrer que la patte Disney y est indéniablement présente et, qu'à ce titre, il est contre-intuitif de dissocier Pixar de sa maison mère.
Ta remarque sur l'inventivité est proprement excellente. Tu en as d'ailleurs partiellement apporté la réponse dans ton laïus. Ce critère n'apparaît pas en tant que tel dans la masure où il est déjà pris en compte dans l'ensemble des autres catégories. Ce grain de folie, celui-là même dont je fustigeais l'absence supra quand j'évoquais certaines productions Disney, est pris en considération - consciemment on inconsciemment - dans chacune des notes attribuées aux films puisque pouvant transparaître autant à travers les aspects technique, que dans des dialogues peu orthodoxes, un scenario gentiment déjanté, ou encore dans une bande son qui n'aurait rien de conventionnelle. C'est d'ailleurs, je pense, un point focal qui détermine plus qu'à son tour la qualité d'un film, ce qui va faire que certains aspects nous auront marqués de manière indélébile; bref, ce qui fait que l'on va s'en souvenir encore des années après le visionage initial. A ce titre, ajouter une note spécialement pour quantifier ce que l'on pourrait qualifier de degré d'inventivité, en plus d'apporter une subjectivité accrue, aurait surtout provoqué un biais puisque déjà pris en compte par ailleurs.
Enfin, si tu m'y fais penser, je serai ravi de te prêter le dvd de Last Samurai lors de ma prochaine venue sur Hyères (ou lors de votre prochain débarquement en région niçoise).
Dernière édition le Lundi 15 Février 2010 à 09:58:13 par El Juju.
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